Yonne Lautre

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"La disjonction : "Pour sauver la planète, sortez du capitalisme" d’Hervé Kempf" par Michel Kloboukoff

samedi 24 janvier 2009 par Kloboukoff Michel

LA DISJONCTION

POUR SAUVER LA PLANETE, SORTEZ DU CAPITALISME d’Hervé Kempf 2009

« Face aux sombres perspectives, l’heure des hommes et des femmes de coeur, capables de faire luire les lumières de l’avenir a sonné. »

Le rapport Stern et celui du GIEC 2007 constituent la référence du point de vue qui nous est offert. Le domaine de définition de l’écologie s’est concentré à la limite du réchauffement climatique. Il appartient à notre espèce de maîtriser le réchauffement de l’écosphère en deçà de 2.4°C, impératif pour éviter l’emballement climatique irréversible, fatal à l’écosphère avant longtemps.

Ce référentiel paradigmatique n’est pas pris en compte dans le monde militant car il n’est pas rare qu’on y confonde écosphère avec planète. La planète étant éternelle chacun pense qu’« elle s’en sortira encore et toujours ». Il ne s’agit que d’une croyance qui tient pourtant lieu de foi au point qu’on dit être écologiste, communiste, anarchiste, etc., mais quoi qu’il en soit branché en direct avec Dieu et non pas en référence scientifique (l’écologie étant un ensemble de sciences) par rapport aux dernières données. Que l’écosphère puisse être détruite du fait des activités humaines force de la nature apparaît inconcevable. « Il ne se passe rien », le capitalisme surmontera toujours les crises qui lui sont inhérentes.

Chacun se retrouve de fait dans la durabilité et par-là même dans l’incapacité de réagir au pire en cours en s’agrégeant aux autres. Alors qu’idéalisme et matérialisme qui procèdent d’une même conception voulant que l’humain précède la société en seraient les racines. L’horizon à dépasser consisterait pour le plus grand nombre à échapper à l’emprise d’une conception de l’être humain et de la société qui pousse à s’affranchir de la dépendance ontologique aux autres.

Ce livre servira aussi à ceux qui n’ont pas encore synthétisé une vision, d’en former une à leur tour pour pouvoir communiquer sur le fond. maintenant, cet ouvrage offre un accès en profondeur à celui de François Flahault avec son petit livre Le paradoxe de Robinson 2003, sur la plupart des sujets abordés par Hervé Kempf, mais pas sur tout.

Extrait du chapitre La névrose des marchés : La mise en avant de l’individu est pour le capitalisme l’enjeu idéologique central : présenter l’individu comme totalement responsable de sa condition permet de gommer la responsabilité de l’organisation sociale, et donc de ne pas la mettre en cause. Ce n’est pas un hasard si la revue de combat des économistes monétaristes regroupés autour de Milton Friedman s’appelait la New Individualist Review (1961-1968).
Margaret Thatcher exprimait quand à elle l’idée centrale avec sa franchise usuelle : « Qui est la société ? Une telle chose n’existe pas ! Il y a des individus, hommes et femmes, et il y a des familles, et le gouvernement ne peut rien sinon à travers les gens, et les gens s’occupent d’abord d’eux-mêmes. (...) La société n’existe pas. » POUR SAUVER LA PLANETE, SORTEZ DU CAPITALISME d’Hervé Kempf

Ainsi, cette thématique est au coeur du discours de Flahault qui nous donne une clé de voûte pour la pensée alternative. Kempf, Flahault et Edgar Morin (L’an I de l’ère écologique) discourent sur ce même sujet : La vie sociale est à la base du processus d’humanisation. Il n’y a pas d’autre but à la vie que la vie en société.

PARADIGMATOLOGIE « ...Le grand paradigme de l’Occident, celui qui a été formulé par Descartes- mais il a formulé la chose qui se faisait à son époque historiquement- c’est le paradigme de la disjonction entre l’esprit et la matière, la philosophie et la science, cette disjonction qui a permis la manipulation et la fécondité des sciences qui en ont découlé. Etc. » Edgar Morin
Edgar Morin étudie en profondeur la notion de paradigme dans le tome 4 de La Méthode : Les idées. Il s’exprime ainsi : « Nous sommes au préliminaire dans la constitution d’un paradigme lui-même nécessaire à la constitution d’une paradigmatologie. Il s’agit non de la tâche individuelle d’un penseur mais de l’oeuvre historique d’une convergence de pensées ».

Ce que serait pour moi le paradigme de civilisation. Ce serait en fonction de ce nouveau paradigme que nous aurions une politique de civilisation visant à replacer notre espèce au sein de la biodiversité. N’est-ce pas le sens à donner à l’écologie politique quand il s’agit de « faire luire les lumières de l’avenir » ?

Je suis moi, je suis aussi nous. Seul on est rien. Résonnons ensemble.

Michel Kloboukoff


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