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"Le moteur de recherche, un ami qui nous connaît bien" par Pierre Ponthus
« Donnez-moi six lignes écrites par le plus honnête des hommes et je trouverai dedans de quoi le faire pendre » (Richelieu).
Auriez-vous l’idée d’écrire à une grande agence de publicité ou au Ministère de l’intérieur, afin de dévoiler vos habitudes de consommation, vos passions cachées, vos penchants religieux, vos opinions politiques, votre activité syndicale ? Et d’en rajouter une couche en donnant l’adresse IP de votre ordinateur, votre nom, votre ville de résidence et bien d’autres informations, d’ordre strictement privées ? Une telle démarche insensée ne vous est même pas venue à l’esprit. C’est pourtant ce que vous faites, parfois plusieurs fois par jour et depuis des années, en utilisant des moteurs de recherche sur internet.
Avant de poursuivre cette lecture, et pour faire taire ceux qui nous accusent de donner dans la « théorie du complot », il faut impérativement visiter ce lien :
http://www.squigglesr.com/forum/viewtopic.php?f=3&t=14
Des moteurs de recherche qui n’oublient jamais.
Chaque recherche sur internet alimente une base de données, dans laquelle sont enregistrées des informations qui en disent long sur nous et nos comportements (sujet de la recherche, heure de visite, liens suivis, adresse IP et cookies d’identification). À partir de l’accumulation de ces données, notre profil peut être construit. Ce profil peut ensuite être vendu au plus offrant (agences de publicités, compagnies d’assurances vie, services secrets) Rien ne sert d’effacer ses traces à la fin de la session, comme le proposent tous les navigateurs. Il est trop tard, à l’autre bout, tout est déjà enregistré, et pour longtemps.
Ainsi, depuis plusieurs années, une gigantesque traque s’organise silencieusement, à l’insu de la majorité des internautes. Sans que nous en ayons conscience, Google, Yahoo, Alta Vista et d’autres nous pistent, afin de faire de nous de bons consommateurs, mais pas seulement. Nos profils intéressent aussi les agences gouvernementales, qui puisent là des renseignements sur nos comportements. Google a fourni à la CIA (services secrets américains) et au NASA (agence américaine d’espionnage informatique) des informations contenues dans ses bases de données.
Preuve en est la récente déclaration de Michael McConnell, directeur des renseignements américains, « Google has records that could help in a cyber-investigation » (Google possède des enregistrements qui peuvent nous aider dans notre surveillance d’internet).
Tout ça, sous couvert de lutte contre le terrorisme, bien sûr. Dans dix ans, qui dit que ceux qui refusent de consommer ou de lire des publicités ne seront pas classés terroristes ? Pour les démasquer, il suffira d’aller inspecter les bases de données des moteurs de recherche.
Les moteurs de recherche ne sont pas nos amis, nos amis en savent moins sur nous ! Nos données nous appartiennent, les moteurs de recherche nous les volent et les revendent !
Alors, plus de cadeaux, niquons les moteurs de recherche, pourrissons leurs bases de données ! C’est légal, et même une loi n’y pourrait pas grand chose.
Il existe deux moyens pour le faire, des moyens qui peuvent être complémentaires.
1 - L’obfuscation, qui pourrait se traduire approximativement par « l’assombrissement ».
La protection de la vie privée repose sur la loi. Cette barrière juridique est nécessaire, mais à l’ère d’internet, elle ne protège plus grand chose. Il faut continuer à luter contre la capture d’informations. Cependant, vouloir faire effacer ou corriger celles qui circulent déjà relève du rêve.
En prévision, il est préférable de tromper le système, en injectant d’autres informations imprécises, aléatoires ou même carrément fausses. Les informations vraies seront ainsi noyées au milieux des informations fausses. Cette technique est utilisée depuis longtemps par les armées de tous les pays.
Pratiquer l’obfuscation des moteurs de recherche peut se faire de deux façons. L’une, manuelle, l’autre, à l’aide d’un logiciel qui fera le travail à votre place.
La méthode manuelle consiste à lancer dans un moteur de fausses recherches, des recherches qui ne nous concernent pas. Nous sommes marxistes, faisons des recherches sur les sites de ceux qui sont opposés aux marxistes.
Inventons des recherches sur des sujets, aussi variés que possibles, mais qui ne font pas partie de nos centres d’intérêt.
Arrangeons-nous pour que ces recherches ressemblent à une réelle passion, en tapant des mots clés qui montrent notre intérêt pour ces sujet. Petit à petit, dans les bases de données, des informations contradictoires vont s’accumuler sur nous et ainsi brouiller les pistes. Une recherche redoutable est celle qui se nomme « recherche de vanité ».
Qui n’a pas entré son nom, son prénom et parfois des informations plus intimes dans un moteur de recherche, afin de savoir ce que le monde dit de nous ? Voilà, c’est cuit, nous avons associé à notre nom notre adresse IP. Si le mal est déjà fait, il faut le corriger, en lançant une autre recherche de vanité, fausse. Choisir (dans le bottin, par exemple) un nom et les informations géographiques qui vont avec et lancer la recherche, depuis notre machine.
Arrangeons-nous pour que cette fausse recherche soit aussi ressemblante à celle que nous avons menée sur notre propre nom. Si le mal n’est pas encore fait, raison de plus pour lancer cette fausse recherche de vanité et encore plus brouiller les pistes. Tout ça, sans les protections décrites plus bas, bien sûr.
Si la méthode manuelle paraît trop contraignante, des logiciels peuvent le faire pour vous. Dans le navigateur Firefox, il existe un module complémentaire, TMN (TrackMeNot)
http://mrl.nyu.edu/~dhowe/TrackMeNot/
Un autre, dans le même genre :
Ces logiciels, faciles à installer, lancent en permanence des recherches sur les principaux moteurs. Une fonction « aléatoire » simule une recherche faite par un humain. Ceci, afin que les logiciels de filtrage des moteurs ne puissent pas détecter qu’il s’agit d’une machine qui lance les recherches. Il faut noter que cette pratique n’est pas écologique, le trafic en direction des moteurs de recherche est augmenté, et la consommation d’électricité des centres de données.
2 - L’utilisation d’un moteur alternatif respectant la vie privée.
Il n’en existe pas beaucoup et le plus abouti se nomme ixquick
http://ixquick.com
Inutile de s’étendre ici, toutes les informations sont données sur le site.
En premier, ixquick n’enregistre pas les adresses IP lors d’une recherche. Il n’organise pas nom plus une traque quelconque, à l’aide de cookies ou autres marqueurs. C’est déjà ça de gagné, les recherches sur le net sont anonymes.
Il y a encore mieux, après avoir effectué une recherche, au lieu de cliquer directement sur l’URL présentée, ce qui nous amènerait « découvert » sur le site recherché, on peut cliquer sur « Proxy », juste à droite de l’URL en vert. À partir de ce moment, la connexion au site demandé se fait à travers le proxy de ixquick, avec l’IP de ixquick, sans traque possible, sans repérage de l’adresse IP, sans installation de cookies espions, etc. Avec une URL déjà prête, il suffit de la mettre dans la barre de recherche de ixquick. Pendant le surf, on veut revenir à une connexion directe au site (remplir un formulaire ou un paiement en ligne ne fonctionne pas avec le proxy). Il suffit de cliquer sur le bouton « unproxy » de ixquick, en haut à droite de la page.
ixquick a été testé sur le site de la CNIL et d’autres sites de test d’IP, il remplit parfaitement son rôle, le serveur distant ne détecte pas l’adresse IP d’origine, il voit celle de ixquick et ne reconnaît plus rien (navigateur, traces anciennes, etc.) Les liens cliqués à partir du site sont aussi atteints à travers le proxy. La connexion par le proxy est légèrement ralentie, mais c’est très peu perceptible.
Ah oui, il faut faire confiance à ixquick et à son proxy ? C’est aussi le cas avec un VPN, il y a toujours un moment où l’on doit faire confiance à un maillon de la chaine. Entre Google et ixquick, il n’y a cependant pas d’hésitation.
Avec Firefox (navigateur chaudement recommandé pour le respect de la vie privée), il suffit d’aller dans la barre des moteurs de recherche et d’indiquer « gérer les moteurs de recherche ».
Ensuite « Obtenir d’autres moteurs de recherche ». On arrive dans le module d’installation des extensions de Firefox et il suffit de taper ixquick dans la barre de recherches et l’installation se fait automatiquement. Il reste ensuite un peu de paramétrage, afin d’affiner ixquick à son goût.
Dans la configuration d’ixquick, qui se fait en ligne, il faut cocher « Secure Socket Layer » (SSL/HTTPS) pour pouvoir profiter du proxy.
Dans cette configuration de proxy, ixquick n’égale pas un VPN (Virtual Private Network). Les connexions ne sont en effet pas cryptées, mais la configuration est beaucoup plus simple que celle d’un VPN. Les fonctions d’anonymat sont cependant proches de celles d’un VPN.
ixquick est un logiciel qui doit être mis à jour régulièrement, afin de bénéficier des dernières améliorations. En effet, dans le domaine de la sécurité, c’est l’histoire de la cuirasse et de l’épée, il faut s’adapter. Dans Firefox, cette mise à jour peut être faite automatiquement.
Les moteurs de recherche peuvent-ils contrer ces mesures ?
Pour ce qui est des fausses recherches effectuées par un humain, non, ils ne peuvent pas. Pour celles effectuées par un logiciel, ils pourraient installer des filtres « intelligents » qui détecteraient le côté non aléatoire des recherches. Il faut savoir que les logiciels de recherches automatiques sont déjà conçus pour éviter ce filtrage. Ils évoluent aussi, d’où l’intérêt des mises à jours fréquentes.
Par contre, les sites pourraient « black lister » (mettre en liste noire) l’adresse IP du proxy d’ixquick, afin de refuser les connexions de cette provenance. La parade pour ixquick consisterait alors à utiliser plusieurs serveurs dotés d’adresse IP différentes, ou un seul avec une adresse dynamique.
Quelques précisions sur les recherches avec ixquick.
Comme précisé plus haut, ixquick, pour des raisons de sécurité, refuse les connexions aux formulaires (banques, achats en ligne, etc.) Il arrive aussi que l’on ne puisse répondre sur des forums de discussion. En général, tous les forums sur lesquels nous nous sommes inscrits avec notre adresse IP réelle refusent la connexion à travers le proxy d’ixquick.
Il faudrait essayer de valider la première inscription à travers le proxy. Il faut simplement rappeler que ixquick n’a pas été conçu pour permettre des malveillances sur le net. Son seul but est la protection de notre vie privée.
Pierre Ponthus.
forum
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"Le moteur de recherche, un ami qui nous connait bien" par Pierre Ponthus3 juillet 2010, par WhilelM
Il existe également un autre type de parade concernant l’usage des services de Google : googlesharing.
https://we.riseup.net/riseuphelp/googlesharing#français
Googlesharing[1] est un greffon pour firefox, libre, facile à utiliser qui permet de faire ses recherches Google de manière anonyme.
Googlesharing fonctionne en envoyant tout le trafic Google qui ne nécessite pas une authentification (comme gmail) à travers un serveur séparé, de manière transparente (vous n’avez pas à faire quoique ce soit). De cette manière, l’activité en ligne est agrégée avec celle des autres utilisateurs du proxy.
fr
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