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"Humeurs poétiques" par Méluzine d’Auxerre : "Pur", "Confiance"...
PUR
Simplicité du premier jour
Quand tout n’est qu’eau et que terre
Pour que le souffle de vie
Modèle la vie à son image.
Repos de l’âme encore vierge
Qui a tout à apprendre de l’existence
Et tes mains dans les miennes
Pour partager la chaleur ...
Premier souffle ... premier cri ...
Premier élan du coeur qui attend tout de la vie !
Sans préjugés ni croyances ...
Sans Foi ni Lois mais tenant au creux des mains
Tous les "Possibles" de l’Espoir !
Premier rayon de lumière pour éclairer ton visage
Première trace de pas pour débuter ton chemin
Première larme versée pour féconder la terre
Qui sera un abri ... pour Toi et les tiens ...
Méluzine D’Auxerre
(Mardi 1er Mars 2011)
(Auxerre)
Confiance
On la cueille, comme un cadeau, lorsqu’on a franchi les étapes
On la donne, en se mettant à nu, face à L’Autre
Qui n’est parfois qu’un miroir de sa propre conscience
Qui veut rester muette.
Confiance, avant tout, en sa propre lumière.
Confiance, malgré tout, en sa force oubliée.
Méluzine D’Auxerre
(Mardi 1er Mars 2011)
(Auxerre)
PHARE
Juste une lumière pour ouvrir le chemin
De tous ces êtres perdus dans le brouillard
Juste un coin de chaleur pour accueillir dans ses bras
Le voyageur perdu des montagnes
Juste Toi
Ou Moi ...
Celui qui accepte de jouer ce rôle !
Sacrifier une part de soi-même pour mieux se retrouver
Endosser, au moins pour un temps,
L’habit du guide, du pilier,
Sans s’effondrer ou se perdre
En tenant la main de l’Autre Pour la traversée du Désert.
Veiller, tout au long de la nuit
Pour tenter d’éloigner l’Autre des écueils et des falaises
Sans se déchirer soi-même sur le premier rocher venu ...
Mètre après mètre, jour après jour,
Percer la brume de ses rayons
Sans inverser les images ou se mélanger les crayons
Sans effacer ce qui doit être ni conserver ce qu’on doit brûler !
Ecouter
La Voix qui nous parle
En toute humilité
Sans chercher à comprendre
Le Pourquoi
Le Comment ...
Juste
Accepter ...
Méluzine D’Auxerre
(Mardi 01 Mars 2011)
(Auxerre)
Un nouveau livre
Je viens d’ouvrir un nouveau livre
Puisque l’ancien n’était que larmes.
Je fais glisser page après page
Toute une histoire à découvrir.
J’ai refermé le vieil album
Plein de photos, de rendez-vous
Que j’ai manqués et de silence.
J’ai tout brûlé et déchiré
Toutes tes promesses oubliées
Et il ne reste que des cendres
De ces deux années passées.
Je viens d’ouvrir un nouveau livre
Et je l’écris jour après jour.
Il n’est rempli que de lumière
Et de promesses toujours tenues.
Moi j’ai ouvert un nouveau livre
Pour moi l’ancien n’existe plus.
Méluzine D’Auxerre
(Vendredi 13 Août 2010)
(Auxerre)
Jour après jour
Jour après jour
Tu te dessines
Devant mes yeux ...
Émerveillés de te découvrir comme un double de moi-même
Mot après mot
Moi je t’écoute
Te mettre à nu ...
Me racontant ma propre histoire !
Je me découvre
Dans ton regard
Et je m’entends
Dans tous tes mots ...
Jusqu’au vertige de l’oubli ...
Qui ai-je été ?
Je n’en sais rien.
Quel est mon nom ?
Je ne sais plus ...
Quelle importance puisqu’il nous faut tout réécrire !
Page après page
Tu te racontes
Et moi je vis
A travers toi ...
Note après note
Tu me dévoiles
Tes bleus à l’âme
Et tes blessures ...
Entre mes mains
Moi je les garde
Et dis merci
Pour ta confiance ...
Entre mes mains
Je tiens la tienne
Avec l’espoir
Qu’elle me soutienne ...
Méluzine D’Auxerre
(Vendredi 13 Août 2010)
(Auxerre)
Au début du monde
Au début du monde, il y avait toi.
Au début du monde, moi, j’étais là.
Nous nous sommes aimés si fort qu’a jailli la lumière
Nous nous sommes aimés, t’en souviens-tu encore ?
Puis, il y a eu la peur, l’Enfer et les flammes.
Puis, il y a eu la haine et toutes les déchirures.
Nos mains se sont quittées, éloignées par la foule.
Nos cris se sont perdus noyés par d’autres cris.
Nous nous sommes aimés, Amour, t’en souviens-tu ?
Reste-t-il dans tes mains, le souvenir de moi ?
T’arrive-t-il encore d’entendre au fond de toi
Les échos de ma voix qui te réclament en vain ?
Est-ce bien toi que je vois, aujourd’hui, sur la route ?
Est-ce bien moi que tu cherches dans toutes tes errances ?
Comment le saurions-nous après toutes ces vies !
Nous voilà, face à face, pour nous redécouvrir.
Pas après pas, nous cheminons vers l’Autre.
Mot après mot, nous faisons connaissance.
Geste après geste, nous nous donnons à l’Autre
Pour nous trouver nous-même !
Tu remets tes blessures entre mes mains
Même si c’est toi qui guides mes pas.
Tu mets tous tes espoirs entre mes mains
Et pourtant, c’est ton bras qui me soutient.
Au début du monde, tu étais déjà là !
Moi aussi, j’y étais, même si j’étais dans l’ombre.
J’étais à tes côtés, marchant auprès de toi,
Pour dessiner la route qui mène à la lumière
Qu’aujourd’hui je dépose au creux de tes deux mains.
Fais-en un don d’amour, pour toi et pour les autres ...
Fais-en un lieu de paix, pour accueillir tous ceux
Qui croient l’avoir perdue.
Fais en sorte que chaque jour soit un nouveau début.
Fais en sorte que chaque jour soit un pont entre nous
Pour aller vers les Autres sans jamais reculer
Devant l’ampleur de la tâche ni se décourager.
Fais en sorte que chaque jour
La lumière soit
Entre nous ...
Méluzine D’Auxerre
(Jeudi 12 Août 2010)
(Auxerre)
DISCRETE
A peine plus sensible qu’un léger souffle de vent
D’une main tremblante
Je referme le livre.
Comme un album-photo dont on aurait tourné inlassablement les pages
Et que l’on range prudemment au fond d’une vieille armoire
Pour ne plus l’avoir sous les yeux.
Ma main referme le livre.
Ma mémoire referme l’album à souvenirs.
Mon cœur, lui, se referme
Sur une partie de mon histoire.
Il a marché dans le désert
Attiré par les lumières de la ville
Comme le papillon imprudent qui se brûle les ailes sur la lampe.
Il a suivi, au loin, le bruit du ruisseau chantant entre les pierres
Mais s’est trompé de chemin.
Il a marché, droit devant, traçant sa route parmi les ronces
Espérant avoir le courage de tout endurer
Mais il se mentait à lui-même,
Croyant à ce qui n’existait pas,
Ce pauvre cœur entêté ...
Il se repose
Et ne sait que rire de lui-même
De sa candeur malgré son âge
Comme s’il n’était qu’un cœur adolescent !
Malgré le temps
Malgré les rides
Les coups du sort
Les joies ... les peines ...
Il est bien là
Et se débat
Tant bien que mal
Tentant de faire la part des choses ...
Mes yeux contemplent encore les lumières de la ville
Comme pour se convaincre qu’elles existent
Mais au-dedans
Tout se referme
Pris dans la glace qui endort la douleur.
Et pourtant
Je suis là
Je suis bien là
Presqu’invisible aux yeux des autres
Puisqu’on ne voit que mes idées
Puisqu’on n’entend que mes paroles
Parfois mal interprétées.
Sans prendre le temps de me connaître.
Ni même au moins de me parler.
Mes mots font peur ...
Mes mots dérangent ...
Et mes silences plus encore !
Alors que faire ?
Alors que dire ?
Rester discrète
Garder mes mots
Rien que pour moi ...
Mes sentiments ...
Mes gestes ...
Rester discrète
Et m’effacer ...
D’un coup de gomme
Sur un cahier.
Je reste là
Dans le silence
Comme autrefois
Dans mon enfance
Et je regarde
Vivre les autres
Par la fenêtre
De mes grands yeux.
Méluzine D’Auxerre
(Vendredi 02 Juillet 2010)
(Auxerre)
Derrière toi
D’une main décidée tu découpes
Ce qu’a été ta vie
Ne voulant laisser derrière toi
Ni traces ni regrets ...
Tu fermes
Résolue
La porte sur le passé
Même si ce geste te déchire
Tu dois le leur cacher ...
"Serre les dents ! Reste forte !"
Te dis-tu à toi-même
Ils ne sauront jamais ce que tu sacrifies !
Parce qu’ils sont convaincus de ta joie
De ta force
Parce qu’ils ont choisi
De ne voir dans tes gestes
Que paix et que lumière !
Mais toi tu connais bien
L’étendue des dégâts
Même si tu dois les taire ...
Ils ne te croiraient pas !
Tu te dois de sourire
Même si c’est ton coeur qu’on brise
Tu dois ouvrir la route
Bien qu’ayant perdu ton propre chemin
Tu dois prendre sous ton aile
La souffrance des autres
Alors qui donc t’entendra
Si tu te mets à gémir ?
Tu caches sous tes mots
Tes peurs et tes blessures
Tout en parlant d’une autre ...
Car au fond du sais bien
Qu’on ne te croirait pas !
La foule
Tout autour
Est bien trop occupée
A se plaindre et à gémir
Sur son propre malheur ...
Pour te voir
Telle que tu es
Vraiment !
Méluzine D’Auxerre
(lundi 15 Février 2010)
(Auxerre)
Le don d’amour
C’est un miroir qu’on place
Devant le regard de l’Autre
Pour qu’il se voit tel qu’il est.
C’est un chemin de petits cailloux qu’on sème
Pour guider l’Autre sur la route
Et l’aider à avancer sans baisser les bras.
Ce sont des mots, des soupirs, qu’on recueille
Pour les transformer en force et courage,
Les jours de doute, de désarroi.
Ce sont les yeux de l’Autre qu’on détourne, l’air de rien,
D’un sourire ou un geste,
De tout ce qui peut le blesser
Ce sont les mains de l’Autre qu’on tient,
Bien serrées dans les siennes
Pour lui faire sentir qu’on est là, malgré tout.
C’est un bon feu qu’on allume,
Invitant l’Autre à s’assoir
Pour partager un moment de joie.
Ce sont des bras que l’on ouvre,
Simplement, sans rien dire
Pour vivre l’intensité de l’étreinte.
C’est la paix que l’on offre sur un plateau
Comme le plus précieux des trésors,
A savourer ...
Ensemble.
Méluzine D’Auxerre
(Mercredi 26 Mai 2010)
(Auxerre)
Miroir
Je suis assise, face à moi-même
Et me regarde droit dans les yeux.
Je cherche sur mon visage
La trace des années vécues.
Je traque, sans sourciller,
Les sillons tracés par les larmes.
Mais je compte, tout autant,
Tous les sourires que j’ai offerts.
J’aime ce que je vois.
J’aime ce que je suis devenue
Après tant d’efforts !
Je me sens réconciliée.
Sereine.
En paix avec moi-même.
Avec ma propre image
Parce qu’elle n’est pas empruntée !
Toutes ces années à me battre,
Contre des ombres,
Contre mes peurs fabriquées de toute pièce,
Contre des ennemis qui n’en étaient pas,
Contre la peur du vide, de l’abîme
Mais, avant tout,
Contre la peur d’être ...
Je me regarde
Et j’aime ce que je suis devenue.
Parce que c’est moi, enfin,
Sans décalage ni malentendus.
Et je souris
A cette femme que je regarde.
Elle me rassure et m’encourage,
De l’autre côté du miroir
Et me donne la force d’espérer,
L’envie d’avancer,
Plus loin,
Toujours plus loin,
Plus haut,
Plus fort !
Parce qu’elle s’est enfin libérée
De ce qui n’était pas Elle !
Méluzine D’Auxerre
(Lundi 24 Mai 2010)
(Auxerre)
La force de croire
Bien souvent, j’ai eu peur.
Peur du vide, de la vie, des autres
Et bien plus encore de moi-même.
Bien souvent, j’ai eu peur.
Peur de dire, peur d’avancer, peur de toucher
Pour ne pas être touchée à mon tour.
Bien souvent, je suis restée au bord du chemin
A regarder les autres vivre, dire ou faire à ma place.
J’ai cherché la force d’avancer à l’intérieur de ceux qui m’entouraient.
J’ai attendu que les autres parlent pour moi.
J’ai espéré que les autres me portent sur leurs épaules.
De peur de déranger, d’être "de trop" ou "pas assez".
Puis, un jour, j’ai pris mon courage à deux mains.
J’ai avancé, droit devant, au risque de me prendre un mur de plein fouet.
J’ai parlé, en mon propre nom, mot après mot jusqu’au bout.
J’ai écrit, lettre après lettre, pour sortir ce que j’avais au-dedans.
Sans rougir, sans avoir peur du ridicule, sans craindre le regard des autres.
Parce que c’était moi !
Enfin !
Personne ne parlait à ma place.
Personne n’avançait pour moi.
Personne ne ressentait les émotions que je vivais, fussent-elles joie ou peine.
Enfin, un jour, j’ai cru !
Cru que je pouvais être moi-même.
Pleinement !
Méluzine D’Auxerre
(Lundi 24 Mai 2010)
(Auxerre)
Que cette nuit est longue
Que cette nuit est longue
Aux portes de l’Enfer
Que cette nuit est longue
Pour trouver la lumière !
Mon Ami, cette nuit,
Je t’offre mes heures de veille,
Je suis là, près de toi,
Veillant sur ton Sommeil !
Quelles sont donc ces douleurs
Qu’on n’t’a pas épargnées ?
Quelles sont donc ces plaies
Pas encore refermées ?
Je sens que tu t’éloignes
Mon cœur s’est-il mépris ?
As-tu donc fait le choix
De rester dans la nuit ?
Mon cœur tout à coup gèle
Et je sens un grand vide !
Es-tu dans ses filets ?
Ton visage est livide !
Ami, que puis-je faire
Pour gagner ta confiance ?
Ami, que puis-je dire
Qui ne soit redondance ?
Mon Dieu ! la nuit est longue !
Le chemin est pierreux !
Aimer est-il outrage
Ou offense, à tes yeux ?
Mon Dieu ! puisque je souffre
Et que tu n’m’entends pas ...
Qu’au moins la nuit soit douce
A mon Ami, là-bas !
Si j’entends ses soupirs,
Je devine ses mots,
A d’autres, il les destine ...
Je ne suis que sanglots !
Je le sens qui s’éloigne ...
Il est porté vers Elle !
Il referme sa porte ...
Me refusant son Ciel !
Il a croisé ma route,
Le temps d’une Espérance,
A retiré sa main ...
Me refusant la danse !
Voilà ! le jour se lève !
Et mes bras restent vides
Puisque c’est dans les siens
Qu’à présent il navigue !
Méluzine D’Auxerre
(Lundi 16 Mars 2009)
(Auxerre)
Liens
Ami, tu as choisi de suivre une autre route,
Nos chemins se séparent, tu me tournes le dos.
Pour toi : le grand soleil et la fin de tes doutes !
Pour moi : c’est le désert, le bruit de mes sanglots !
Que de pas ébauchés et que de mains tendues,
Pour ne saisir rien d’autre que du froid et du vent !
Que de paroles non dites et que de temps perdu,
En actes non posés, en doutes et tourments !
La porte que tu fermes, c’est mon cœur qu’elle écrase
Mais tu ne l’entends pas, enfermé dans ta bulle !
Tous les mots que tu tais, c’est mon cœur qu’ils déchirent
Tu les gardes pour toi, de peur qu’ils ne bousculent
Tes repères, tes limites, tout ce qui te rassure
Et te sers de rempart entre toi et le monde !
Tu crois te protéger et masquer tes blessures
Pourtant, je les ai vues, dès la première seconde !
Il ne tenait qu’à toi de faire un pas de plus,
Il ne tenait qu’à toi de dire un simple mot
Pourtant tu as choisi de garder le silence.
Au lieu de faire un pas, tu m’as tourné le dos !
Bien que mes mains soient vides, au cœur, point de rancune.
Juste de grands regrets, pour les malentendus ...
Toutes les larmes versées, je les compte, une à une
Et les garde en souvenir de ce que je n’ai plus !
Méluzine D’Auxerre
(Samedi 15 Mai 2010)
(Auxerre)
Ta trace
Ami, je suis en paix, j’ai retrouvé ta trace !
Que de temps j’ai cherché, sans savoir où me rendre,
Maintenant, je dors en paix, puisque je l’ai trouvée.
Ami, j’avais promis et je tiens ma promesse ...
Mais, me reconnais-tu, par-delà les années ?
Tu as été trahi, par tous ces "Hommes-Loup",
Qui t’ont traîné jadis, vers les Feux de l’Enfer ...
Tous ces wagons plombés, emportant des enfants,
Tous ces pleurs inutiles auxquels Ils étaient sourds !
Ami, j’avais promis, me voilà revenue !
Que de pas j’ai dû faire, pour arriver à toi,
Errant sur les chemins, sans boussole ni étoiles,
Que de larmes j’ai versées, sans même savoir pourquoi,
Que de ronces ont meurtri mes pieds sur le chemin ...
Je peux dormir en Paix, j’ai enfin la réponse !
Ami, c’était si simple, mais comment le savoir !
Tu étais là, tout près, mais je ne voyais rien ...
Je te parlais, pourtant, mais tu n’entendais pas !
Méluzine D’Auxerre
(Mardi 30 Mars 2010)
(Auxerre, inspiré par les Enfants sacrifiés de l’Yonne)
Nouveau jour
Les pieds nus,
Les mains vides,
Tu avances sans un regard en arrière ...
Pour ne pas perdre le peu de forces qu’il te reste.
Surtout,
Ne pas penser,
Faire le vide,
Trouver la force dans le néant de l’esprit ...
Ou est-ce la Foi ?
Devant toi
Le brasier ...
Et tout ce sang,
Tous ces cris de haine !
Au nom de quel Dieu ?
Au nom de quel pouvoir ?
Toi,
Tu avances ...
Puisque tu n’as plus le choix ...
Continuer d’avancer,
Droit vers le brasier ?
Ou bien reculer,
Au risque d’être déchiré par les tiens ?
Par toutes ces mains
Qui ont partagé le pain avec toi !
Les pierres du chemin ?
Tu ne les sens plus ...
La chaleur des flammes ?
Juste une sensation lointaine ...
Au-delà de ton corps ...
Loin de ton esprit et de ta conscience !
Tu ne peux plus faillir
Puisque tu n’es plus toi-même !
Pas de place pour le doute ...
Pas le temps !
Cette brûlure sur tes mains ...
Courant le long de tes membres ?
Une délivrance !
Mourir dans les flammes ...
Plutôt que déchiré
Par les mains de tes propres frères,
Pour avoir faibli !
Te voilà torche-vivante,
Sans avoir rien demandé !
Sacrifié volontaire ...
Grain de poussière parmi des grains de poussière ...
Au nom de quelle Croyance ?
L’as-tu seulement jamais su ?
Méluzine D’Auxerre
(15 Mars 2010)
(Auxerre)
(Inspiré par la vie d’Antoine et Louise de Crussol, sur fond de Guerres de Religion)
Toi qui t’en vas
Toi mon ami … mon frère de cœur
Toi qui t’en vas bien avant moi
Garde en mémoire toutes ces heures
Que j’ai passées tout près de toi …
Elles m’ont « grandi » malgré mon âge
Me restent au cœur comme un cadeau
Même si tu parts pour ce « Voyage »
Qui nous ramène à nos « berceaux » …
Qui de nous deux a tenu l’autre
Par la main ou par l’Esprit ?
Est-ce toi ou moi ? Quelle importance …
C’était un cadeau de la vie …
Si mon Cœur saigne … mes mains sont vides …
Moi je suis là … toi tu n’es plus …
Je garde en moi comme une flamme
Ce grand Trésor que j’ai reçu !
(à Claude Moigne., sculpteur - en souvenir de son « frère de cœur » disparu)
(05 Février 2007)
(Auxerre)
Temps perdu
Une main qui se tend mais reste vide
Des yeux qui se perdent dans le lointain
Et des mots … rien que des mots sans consistance !
Que de temps perdu
Pour n’aller nulle part …
Que de pas … que de gestes restés inutiles !
Et tant d’autres mots qui restent coincés … là entre mes mains
Sans avoir envie de naître … sans envie de venir au jour !
La fatigue …
Juste la fatigue de tout ce temps perdu !
Comment avancer quand tout autour reste opaque ?
Comment savoir … quand les adultes se cachent derrière leurs propres enfants ?
Pour fuir … pour « Se » fuir !
Parce que trop de lumière peut blesser les regards …
On préfère parfois fermer les yeux
Pour éviter de voir son propre reflet dans la glace ?
Pour éviter le regard de celui ou celle qui nous fait face ?
Méluzine D’Auxerre
(20 Décembre 2006)
(Auxerre)
A tous ceux de Colmar
Ils étaient dix, ils étaient cent,
Ils étaient même des milliers
Et ils parlaient au nom de tous
Face à des Hommes insensés ...
"Qu’avez-vous fait de la planète ?
Que ferez-vous à nos enfants ?
Combien d’années pourrons-nous vivre
Avant d’arriver au néant ?"
Ils marchaient tous et ils parlaient
Au nom de tous ceux déjà morts
Ou bien cloués au fond d’un lit
Ne pouvant crier leurs souffrances ...
Et face à eux toutes ces armes,
Ces hélicos, ses uniformes
Qui cachaient pourtant eux aussi
Les morts de demain, d’aujourd’hui ...
Ils étaient dix, ils étaient cent,
Ils étaient même des milliers,
Tenant leurs enfants par la main
Pour demander qu’on les laisse vivre ...
Bien que sans armes, en apparence,
Juste la force des convictions,
Ils marchaient tous dans le silence
D’une ville assiégée pour un jour ...
Ils étaient venus pour une fête,
Celle de la vie et de l’espoir
Et on les a vus repartir
D’un pas lent et le coeur bien lourd ...
Pourquoi cette folie meurtrière ?
Pourquoi ces vies qu’"Ils" sacrifie
Au nom du "Grand Dieu Nucléaire" ?
Alors qu’"Ils" en mourront aussi !
Méluzine D’Auxerre
(13 Octobre 2009)
(Auxerre)
Voyage à travers le temps
J’écarte les rideaux masquant le paysage
Et me retrouve soudain ailleurs, en un instant.
Je marche dans un pré, balayé par l’orage
Et vais rejoindre là-bas tout un groupe d’enfants.
Qu’attendent-ils donc, assemblés et rieurs ?
Ils m’ont vue arriver mais je ne les connais pas !
Ils semblent espérer, un signe, une lueur.
Ils me parlent, ils me disent, mais je ne les entends pas !
Quand j’observe le ciel, il est vide, sans nuages !
Et ces arbres, et ces fleurs, me semblent bien étranges !
Je ne me sens pas chez moi, tout ici me dérange !
Comme une île inconnue, après un grand voyage !
Le brouillard qui m’entoure me semble bien vivant,
Pour n’être que vapeurs émanées de la terre ...
Je me sens si perdue, dans un lieu si austère ...
Et pourtant je me dis, pourquoi craindre des enfants ?
Ils approchent, ils me touchent, mais je ne les sens pas !
Que se passe-t-il donc, avec ce corps qui est le mien ?
Quel est donc ce vertige qui chavire mes pas ?
Où vont-ils m’emporter, me prenant par la main ?
Le brouillard se dissipe et je vois une ville,
Où tout semble béton, où tout semble grisaille ...
Où le moindre brin d’herbe pourrait sembler futile ...
Tout me paraît de glace, entouré de murailles ...
Et mon coeur qui se serre, me rappelle à la vie !
Que veulent-ils de moi, ces enfants réunis ?
Attendent-ils un secours ou bien un mot d’espoir ?
Il y a tellement d’amour, au fond de leur regard !
« Que puis-je faire pour vous ? » vais-je leur demander ...
Mais il est bien trop tard, le rideau s’est fermé ...
Et me retrouvant seule, derrière les carreaux,
J’entends encore leurs rires, faisant comme un écho ...
Que voulaient-ils de moi, habitant de la Terre ?
Avaient-ils en cadeau, un présage, un mystère ?
Je ne le saurai pas et reste solitaire,
Gardant au fond de moi, un regret, une prière ...
Faites que je n’aie pas vu, le monde de demain !
Où tout paraîtra froid, brumeux et inhumain !
Où plus personne ne pourra, sentir la chaleur de nos mains !
Où les enfants auront peur de vivre sans Destin !
J’ai peur d’ouvrir les yeux et de me rendre compte
Que ce qui semblait loin est déjà près d’ici ...
Et ce qui nous tuera est notre propre honte
Puisque nous ne savons que mépriser la vie !
Et ces enfants là-bas, sont nos propres enfants !
Pas besoin de courir pour rattraper le temps !
Méluzine D’Auxerre
(18 Décembre 2005)
(Epineau-les-Voves)
Un deux trois soleil
Un deux trois soleil
Et c’est le jeu de la vie
On avance
On s’arrête
Et on rit ...
Entre la Terre et le Ciel
On saute à pieds-joints
En poussant un caillou
Et en frappant dans ses mains ..
Grand-mère veux-tu ?
Combien de pas ?
Pour avancer
Vers l’au-delà ...
Au-delà de soi-même
Et de ses limites
Sans connaître Demain
Sans savoir la suite ...
Et l’on dessine encore
D’une craie de couleur
Le chemin de la vie
De la joie dans le coeur ..
Et on regarde passer
Les années sans vieillir
Mais tous ceux qu’on écoute
Nous permettent de grandir ..
Un deux trois soleil
Même s’il pleut dehors
On peut toujours rêver
Pour avancer encore ...
Méluzine D’Auxerre
(27 Mars 2006)
(Epineau-les-Voves)
Violettes
Un bouquet de violettes est posé sur la table
En attendant ta main qui viendra le chercher
Ta main si pure si blanche en un mot adorable
Qui viendra pour cueillir ce serment d’unité.
Combien j’aimerais être ce simple bouquet-là
Frémir encore une fois sous l’une de tes caresses
Et tout contre ta peau tout contre ta chaleur
Sentir encore une fois les battements de ton cœur
Sentir monter en moi la douceur de l’ivresse
Combien j’aimerais être ce simple bouquet-là.
Tu es loin mon amour à l’autre bout du monde
Même si je te vois du coin de ma fenêtre
Tu es si loin de moi puisqu’un monde nous sépare
Je maudis chaque jour ce mystérieux hasard
Qui nous a réunis pour te faire disparaître
Je maudis le hasard chaque heure chaque seconde.
Alors je te regarde je t’appelle mon amour
La vie t’a prise à moi je n’ai que des soupirs
Pourquoi ai-je goûté tes satins tes velours
Pourquoi la vie m’a-t-elle donné tous ces désirs
Pourquoi donc ce cadeau pour si tôt le reprendre
Si tu es endormie là devant moi sous terre
Tu habites aujourd’hui un tout autre univers
Et moi je n’ai plus rien que tout ce goût de cendre.
Méluzine D’Auxerre
(08 Décembre 2005)
(Epineau-les-Voves)
Vive le vent
Vive le vent qui saccage
Et remet tout en place
Il bouleverse parfois
Les plus beaux paysages.
Vive le vent qui efface
Les traces de nos pas
Et qui transforme parfois
L’Homme en statue de glace.
Vive le vent qui décoiffe
Et chamboule parfois les idées
Il détruit nos châteaux sur le sable
Et nous oblige à recommencer.
Vive le vent qui est vie
Puisqu’il anime les moulins
Et porte les cerf-volant
Toujours ... toujours plus loin.
Vive le vent aujourd’hui
Il fait danser tes cheveux
Et tu refermes ton manteau
En un geste frileux.
Vive le vent qui nous parle
D’un autre temps ... d’autres lieux
Et nous murmure des secrets
Qu’on voit briller dans nos yeux.
Méluzine D’Auxerre
(13 Mars 2006)
(Epineau-les-Voves)
Voltige
Plus haut !
Encore plus haut !
Il faut grimper à l’échelle
Avant de faire le grand saut
Dans le vide ...
Dans mon habit de lumière
Je me cache sous un masque
Pour faire frémir la foule ..
Je joue avec les ombres
Et les reflets qui passent
S’accrochant à mon corps
Qui fait naître le rêve ..
Et de là-haut je vois
La foule ...
Comme un tapis sans visage
Vers lequel je me jette
Pour un dernier voyage ...
Et mon esprit balance
Entre ces deux envies
Sous ce grand chapiteau :
Me rattraper au vol
Ou bien faire le grand saut ?
J’entends cette musique
Qui me dit qu’il est l’heure
D’abandonner la piste
Et l’habit de lumière !
Que suis-je Hors d’ici ?
Rien de plus qu’une ombre
Qui attend ...
Que tombe la nuit ...
Pour enfin exister !
Méluzine D’Auxerre
(Samedi 13 Mai 2006)
(Epineau-les-Voves)
Voix
Dans ce couloir où j’avance
Me parviennent les voix
Qui me parlent d’hier
Qui me parlent de toi.
Mes mains touchent la pierre
Les poutres et les bois
Et me voilà toute entière
Plongée dans l’Au-delà …
Au-delà du visible
Dans le brouillard des années
Et je vois des images
Qui me font frissonner.
Quand mon cœur se soulève
Pris par une autre histoire
Une vie qui s’achève
Un feu qui sort du noir …
Et ces voix qui murmurent
A qui appartiennent-elles
Un ami qui rassure ?
Un Ange déchu du Ciel ?
Et ces voix qui me parlent
Parlent à bien d’autres aussi
Pour raconter Ailleurs
Et parler de leurs vies …
Alors vient le vertige
La sensation d’aimer
Et je ressens encore
Ce goût d’Eternité
Si mes lèvres restent closes
C’est qu’il n’y a pas de mots
Pour pouvoir raconter
Ce qui vient de si haut !
Mais mes yeux sont perdus
Accrochés aux nuages
Qui forment un décor
A ton si doux visage !
Qu’as-tu vécu ici ?
Pourquoi es-tu restée
Piégée dans cette vie
Sans pouvoir t’échapper !
Quel amour te retient
Entre ces quatre murs
Et qui fait que soudain
J’entends tous ces murmures ?
Est-ce un fils ou un frère
Que tu ne peux quitter
Qui t’a fait découvrir
Le sens du verbe Aimer ?
Puisque tes bras sont vides
Et ta vie achevée
Pourquoi rester ici
Des tiens abandonnée ?
Libère enfin tes ailes
Et prends ta liberté
Va-t-en donc vers le ciel
Que tu dois retrouver …
Méluzine D’Auxerre
(10 Novembre 2006)
(Auxerre)
Donner
C’est tendre sa main vers l’autre
Sans savoir qui la prend
C’est prêter sa voix à l’autre
Pour tout ce qu’il ne peut dire
C’est bercer un enfant
Simplement parce qu’il a mal
C’est tendre son oreille
Sans juger ni combattre
C’est laisser de côté
Idées, couleur et origine
C’est prendre dans ses mains
D’autres mains fatiguées
C’est prêter son épaule
Pour aider à avancer
C’est simplement être là
Sans jamais faire semblant
C’est se regarder en face
Et reconnaître ses torts
C’est dire les mots qui rassurent ou consolent
Sans jamais les compter
Et enfin c’est se taire
Quand il n’y a plus rien à dire ...
Méluzine D’Auxerre
(Dimanche 22 Novembre 2009)
(Auxerre)
Le grand oiseau
Il déploie ses ailes
Et se lance soudain
A travers le ciel
Pour rejoindre au loin
Une île une terre
Un endroit inconnu
Pour trouver la lumière
Qu’ici il ne voit plus.
Ce n’est rien qu’un oiseau
Mais il a bien compris
Que les hommes sont fous
Alors il s’enfuit
Et il vole et il vole
Pressé par le temps
Car il veut échapper
A ces brasiers ardents
Il déchire le ciel
De ses ailes noires
Pour voler tout là-haut
Et retrouver l’espoir
Qu’ont-ils donc fait ici
Ces fous criminels
Ils ont tout massacrés
Pour un songe irréel
Ils ont tout confondu
Le pouvoir et l’argent
Et la liberté
De traverser le temps
Ce n’est rien qu’un oiseau
Qui s’éloigne et s’affole
Il voudrait échapper
A cette Terre qui s’immole
Et il voit en-dessous
Tous ces gens prisonniers
Qui se désespèrent
Au coeur d’un grand brasier
S’éloigner de l’horreur
S’il en est encore temps
D’un dernier tire-d’aile
Traverser l’océan
Mais où peut-il aller
Puisqu’ici ou ailleurs
Tout est feu et lumières
Cendres et vapeurs
Alors dans un effort ultime
Il écarte ses ailes
Regarde en-dessous
Et s’éloigne du ciel
Méluzine D’Auxerre
(06 Février 2006)
(Epineau-les-Voves)
Tempérance
C’est la carte qui sort du jeu
Et nous donne une leçon
Sur la vie et ces choses
Qu’il faut savoir parfois
Attendre … avec patience …
Apprivoiser l’instant
Sans courir … ni se perdre …
Juste faire la part des choses
Des sentiments et des êtres
De nos priorités …
Après avoir coupé les ponts
Et toutes les vieilles racines
Qui nous empêchent d’avancer …
S’asseoir … observer … réfléchir …
Avant de reconstruire
Cette femme qui transvase
Avec patience de l’eau
Jusqu’à trouver l’équilibre …
Nous montre le passage
Il ne faut pas le manquer !
Méluzine D’Auxerre
(29 Novembre 2006)
(Auxerre)
Souffle
Tu fermes les yeux ... tu respires ...
Et te voilà transporté
Au-delà des battements du cœur
En-dehors de toute Humanité ...
C’est la montagne qui se dévoile
C’est la forêt qui se referme
C’est l’océan qui se déverse
Le début qui rejoint le terme ...
En un souffle tu deviens arbre
Sans un geste te voilà pris
Dans cette grande spirale
Qui te porte à l’Infini ...
Et plus rien ne t’étonne
Puisque tu n’es plus toi-même
Car tu es grain de poussière
Qui équilibre le système ...
Il suffirait de t’ôter
Pour que tout un monde bascule
Puisque ton corps emprunté
N’est rien d’autre qu’un véhicule
Qui te mène sur la route
Du grand cercle de la Vie
Ton âme est toujours la même
Entre Hier et Aujourd’hui ...
Peu importe le Futur
Puisqu’il dépendra de toi
Tout dépend de tes envies
De l’ardeur que tu y mettras !
Méluzine D’Auxerre
(Mercredi 08 Mars 2006)
(Epineau-les-Voves)
Pris au piège
Une grille qui se referme
Et me voilà en prison
Pris au piège de ma cage,
Des hommes et leur déraison !
Je me promenais solitaire
Au coeur des grandes forêts
Et me voilà hurlant de rage
Privé de liberté !
Qu’ai-je donc fait à part être
Un animal plein de vie ?
Pourquoi m’enviaient-ils si fort
Pour me torturer aujourd’hui ?
Je les regarde tous ces Hommes
Qui pensent régner en maîtres
Et je me dis que demain
Ils ne seront plus là peut-être !
Ils sont aveugles ou bien fous
Pour massacrer leur planète
En se disant qu’après tout
Demain ils feront place nette !
Et leurs enfants ils s’en fichent
Puisqu’ils leur lèguent des millions
Pour se payer un voyage
Au pays des illusions !
Tout ce qu’ils veulent c’est vivre
Vite et bien ... sans complexes
Jusqu’à en perdre leur âme
Au pays du fric et du sexe !
Et moi prisonnier de ma cage
Je me désole et gémis
Car ils ne savent pas qu’ici-bas
L’air qu’ils respirent a un prix !
Méluzine D’Auxerre
(13 Mai 2006)
(Epineau-les-Voves)
Sereine
Quelle étrange sensation
Malgré les temps,
Les contretemps,
Les paires de claques,
Les ouragans ...
Je me sens sereine !
La vie est bien étrange parfois ...
Quand je ne devrais être que colère,
Déception,
Et peine ...
Je me sens sereine !
Même si je n’ai rien à attendre,
J’ai pu grandir à travers toi !
Un tas de choses à comprendre
Sur le monde,
La vie,
Sur toi et moi !
Même si tu n’es qu’une image
Que l’on contemple,
Sans l’atteindre,
Moi j’ai grandi
Grâce à toi !
Je me sens pleine,
Illuminée ...
Quand je devrais être "Solitude" !
Mon cœur est chaud
Et rassuré ...
Par je ne sais quelle "Certitude" !
Juste merci
D’avoir, un jour,
Croisé ma route ...
Comme par "Hasard" !
Juste le cadeau
De contempler
Parfois mon double ...
Dans le miroir !
Malgré le Temps,
Malgré l’Espace ...
Je marche toujours à tes côtés !
Car je sais bien
Que tu es là ...
Pour moi de toute éternité !
Lorsqu’on se croise,
Qu’on se décroise,
Au gré des vies,
De nos "Histoires" ...
Ami c’est "Toi",
C’est toujours "Toi" !
A mes côtés ...
Dans le "Miroir" !
Méluzine D’Auxerre
(Jeudi 16 Juillet 2009)
(A Auxerre)
Plonger dans les profondeurs
Plonger dans les profondeurs de soi-même
Se laisser chahuter par les vagues et les lames de fond
Jusqu’à s’écorcher le cœur et le corps contre les rochers
Ceux qui se cachent sous la surface des choses …
Et se laisser échouer sur la grève
N’importe où …
Ou nulle part …
Jusqu’à en oublier son propre nom
Sa propre histoire
Sa propre image …
Se sentir perdue
Juste un instant
Le temps de tout effacer
Et revenir aux origines …
Se dire qu’il n’est jamais trop tard
Pour tout recommencer …
Tout réécrire autrement …
Tout rebâtir …
Mais il y a tant de blessures à panser …
Tant de larmes qui ont laissé leurs sillons dans l’âme …
Tant de gestes restés en suspend …
Tant de mots jamais dits …
Où trouver la force pour se relever
Seule … face à soi-même ?
Où trouver l’envie de marcher …
Droit devant …
Sans trébucher sur la route ?
Comment trouver les mots pour nous convaincre nous-même
Alors qu’ils sont sortis mille fois de notre bouche pour soutenir les autres ?
Que faire d’autre si ce n’est attendre la fin de la tempête …
Tout en sachant qu’il y aura encore tant de tempêtes à venir …
Tout en sachant qu’il y aura encore tant de rochers cachés sous la surface …
Méluzine D’Auxerre
(22 Février 2007)
(Auxerre)
Plonger vers l’essentiel
Un chemin, une plume qui vole au vent et un feu qui crépite …
Un regard qui se perd à se chercher lui-même …
Une voix qui appelle … mais qui appelle-t-elle donc ?
Et au milieu de tout ça ?
L’Hiver … qui endort et pacifie …
Qui endort les douleurs …
Freine les ardeurs et rapproche les âmes …
Même si le froid prend tout il ne prend que ce qu’on veut bien lui offrir …
Il ne détruit rien … il ne fait que suspendre …
En attendant que vienne l’heure où les mains se retrouvent …
Que les souvenirs s’effacent pour tout recommencer
Et Les pas qui se perdent dans la fraîcheur des sous-bois
Ne font que s’immerger au plus profond de l’être
Jusqu’à ce que nous vienne la peur … celle qui nous met face à nous-même !
Si les ronces nous écorchent elles nous rappellent aussi
Que du sang coule dans nos veines …
Si les mots nous écorchent ils nous rappellent aussi
Que nous n’avons pas cessé de vivre …
A nous d’ouvrir le chemin … de nos mains volontaires
Pour passer coûte que coûte et arriver ailleurs …
Sans craindre le vertige …
Sans craindre l’abandon
Ni le contrôle de nous-même …
A nous de plonger nos mains jusqu’au cœur du brasier
Pour en retirer l’essentiel …
Méluzine D’Auxerre
(05 Mai 2007)
(Auxerre)
Perdue dans le désert
Perdue dans le désert
J’avance ...
A la recherche de l’oasis
Où je pourrai me reposer
Enfin ...
Sous la brûlure du soleil
Je ne sens plus mon corps
Mais J’avance ...
Pour pouvoir survivre
Encore ...
Juste une heure de plus
Un jour ...
Un mois ...
Un an peut-être ?
Pour te revoir enfin
Et toucher ta lumière
Dormir à l’ombre de toi
Et reposer mon cœur
Enfin ...
Survivre
Après tous ces déserts
Que j’ai traversés ...
Trouver enfin la source
Pour abreuver mon âme
Et contenter mon corps
Epuisé de se battre ...
Dans ce désert de sable
Ou d’inhumanité
Malgré tout
Avancer ...
Pour trouver le trésor
Caché sous la verdure
Et les fruits au goût de miel
Qu’on savoure l’esprit rêveur ...
Et si c’était là ?
Juste devant moi
Derrière la grande dune ?
Et si c’était là
A portée de ma main
Qui n’aurait qu’à se tendre ?
Alors ..
Encore un effort !
Encore un pas ...
Juste un autre ...
Puisque
De l’autre côté
Tu es là
Qui m’attends !
Je l’espère !
Méluzine D’Auxerre
(12 Mai 2006)
(Epineau-les-Voves)
Nature
Autour de moi je regarde
La danse multicolore des poissons
Qui se frôlent au creux des vagues
Et je sens me gagner les frissons.
Je cours après la lumière
Jouant sur les barrières de corail
Pour révéler les mystères
Qui se cachent dans une faille
Et nous mènent au centre de la Terre.
Là-bas l’eau caresse la plage
Et vient l’honorer sans cesse
Rapportant jusqu’au rivage
Ses mille et une promesses
De douceur après l’orage.
Les arbres serrés corps à corps
Comme une barrière infranchissable
Frémissent sous le serpent qui se tord
En une danse incroyable.
Le fauve attend tapi dans l’ombre
Prêt à défendre ses petits
Et c’est un envol d’oiseaux sans nombre
Qui dénonce l’approche de l’Homme par ses cris
Et fait que le ciel devient sombre.
C’est la course de la Nature
Pour échapper aux ravages
Du feu et de ses blessures
De l’Homme qui ne sait plus être Sage.
Méluzine D’Auxerre
(Jeudi 15 Décembre 2005)
(Epineau-les-Voves)
Ses pas sont si légers
Ses pas sont si légers
En traversant les bois
Que l’on sait sa présence
Mais on ne la voit pas ...
Ses pas sont si légers
En approchant de l’onde
Qu’à peine entraperçue
Elle part vers l’autre monde.
Ses longs cheveux défaits
Elle se perd dans le vent
Et on l’entend chanter
Parfois près des étangs ...
Elle peut aussi dormir
A l’abri des grands chênes
Et se laisser surprendre
Dans son corps de sirène.
Mais si elle vous regarde
De ses grands yeux profonds
On y voit la souffrance
Ou bien la dérision.
Si elle offre son corps
C’est pour mieux le reprendre
Car elle sait que le feu
Ne laisse qu’un goût de cendres.
Nul ne l’a jamais vue
Pourtant on l’imagine
Et on perd la raison
Quand son corps se dessine ...
Elle danse sous la lune
Elle chante au fond des bois
Plus d’un s’endort le soir
En rêvant de ses bras ...
Réelle ou bien mirage
Nul ne saurait le dire
Mais dans le cœur des hommes
Elle laisse un souvenir.
N’est-elle que lumière
Ou peut-on l’enlacer ?
Peut-on trouver en elle
Une trace d’humanité ?
Nul ne saura jamais
Qui elle était vraiment
Elle est une simple image
Qui traverse le temps ...
Méluzine D’Auxerre
(25 Février 2006)
(Epineau-les-Voves)
Ses mains
Quand elle pose sa main
Là tout contre mon cœur
J’en oublie mes blessures
J’en oublie ma douleur.
Quand elle pose sa main
Légère sur mon front
J’en oublierais les heures
J’en oublierais mon nom.
Quand elle pose sa main
Comme une fleur délicate
Au dessin de ma bouche
Sur mes tempes qui battent ...
J’en oublie mon passé
Toutes ces heures à attendre
Et le poids des années
Qui est venu me surprendre.
Quand elle ouvre les mains
J’y vois un paysage
Dans les lignes qui se croisent
Je lis tous les présages.
Quand elle ouvre les mains
Ce n’est que pour offrir
Un rayon de lumière
Ou faire naître un sourire.
Quand ses mains se referment
C’est toujours pour garder
Comme un précieux trésor
Les gestes échangés.
Quand ses mains se referment
C’est pour une prière
Comme un élan d’amour
Au nom de tous ses frères.
Et quand elle se repose
Perdue dans le sommeil
Je ne vois que ses mains
Qui toujours m’émerveillent.
Méluzine D’Auxerre
(18 Février 2006)
(Epineau-les-Voves)
Tes pas sur la neige
J’ouvre la fenêtre
Tout est blanc dehors
Et dans la cheminée
Un feu qui s’endort ...
J’ouvre la fenêtre
Et mon cœur aussi
Je regarde naître
A nouveau la vie.
Le ciel est si pur
Tout plein de lumière
Il fait froid dehors
Pas dans ma tanière ...
Et sous les grands arbres
Qui sont dénudés
Je vois toutes les traces
Que tu as laissées.
Ce n’est pas un rêve
Que la nuit apporte
Puisqu’il y a tes pas
Là devant ma porte …
Les oiseaux s’éveillent
Et chantent pour moi
Qui vois s’éloigner
Le feu de tes bras.
Il fait froid dehors
Mais pas dans ma vie
Car j’ai ton image
Pour peupler mes nuits.
Les oiseaux s’éveillent
Et même si ils tremblent
Pris au creux du vent
Ils ont vu renaître
Derrière la fenêtre
Un soleil ardent.
Tout est blanc dehors
Je ferme les yeux
Pour goûter encore
Ton dernier aveu.
Tu vas revenir
Dès l’aube prochaine
Et je sentirai
Brûler encore mes veines.
Mais en attendant
Je ferme la fenêtre
Et fouille le feu
Pour le faire renaître.
Méluzine D’Auxerre
(06 Février 2006)
(Epineau-les-Voves)
Le Grand Jeu de l’Univers
Tout glisse sous moi et je perds pied
Prisonnière des sables mouvants ...
J’ai beau me dire qu’il faut me battre
Et surtout suivre le mouvement ...
Je sens cette Terre qui éclate
Sous l’action des forces des vents
Contraires à notre Mère Nature
Qui ne reconnaît plus ses enfants !
Qu’avons-nous fait de la planète ?
Quelle route avons-nous donc tracée ?
Mais après tout qu’y pouvions-nous
Puisque les dés étaient pipés !
Nous ne faisons que reproduire
Les archétypes de l’existence
Que l’on peut lire dans tous les mythes
Au grand miroir des apparences :
L’Homme et la Femme, le Feu ... la Terre
Ce qu’on construit et démolit
Et toutes les lois de l’Univers
Nous ramènent à un point précis :
Nous avons tout à découvrir
Et malgré tout nous sommes pris
Dans ce cercle qui nous chavire
Et nous enferme à l’Infini ...
Adam et Eve qui se mélangent
Ce pauvre Abel qu’on sacrifie
Le Mal ... le Bien font des échanges
Et se lancent même des paris !
Le yin ... le yang mesurent leur force
Au bras de fer de nos Esprits
Et voilà que le monde explose
Parce que soudain l’un d’eux faiblit !
Méluzine D’Auxerre
(19 Mai 2006)
(Epineau-les-Voves)
Elle dort
Elle a fermé les yeux sur tout ce qui l’entoure
Elle veut se protéger de tous les mots qui blessent
Et derrière ses paupières elle dessine l’amour
Encore pour un instant elle revit sa jeunesse ...
Du sable et des dunes, de beaux matins d’hiver
Où la neige recouvre de son manteau feutré
Les promesses d’avenir qui dorment sous la terre
En attendant qu’un rayon vienne les éveiller ...
Elle a fermé les yeux et elle recrée le monde
Au creux de son grand lit Derrière ses paupières closes.
Il y a des enfants qui forment une ronde
Et posé sur son cœur un grand bouquet de roses ...
Il y a des chevaux qui courent dans la plaine
De beaux fruits qu’on savoure blottis l’un contre l’autre
Une jeune bergère faite de porcelaine
Un tableau de la Cène avec ses douze apôtres ...
Il y a tous ces mots qui peuvent parfois peindre
Un feu de cheminée ou un cœur qui s’éveille
Un bel oiseau rieur qui traverse le ciel
La pluie contre les vitres deux corps qui vont s’étreindre ...
Elle a fermé les yeux et se laisse porter
Au sommet des montagnes au-delà des vallées
Il y a tous les parfums qu’au matin on respire
Et l’écho des chansons qui peuplent les navires ...
Il y a tout un monde qu’elle crée à l’infini
Lorsque ses yeux se ferment au creux de son grand lit ...
Il n’y a plus les peines qui font parfois souffrir
Ni même les départs qui souvent vous déchirent ...
Mais il y a les matins où tout se renouvelle
Et les élans de l’âme qui font toucher le Ciel
Tous les gestes d’amour qui pansent les blessures
Que l’on donne ou reçoit au gré de l’aventure ...
Méluzine D’Auxerre
(18 Février 2006)
(Epineau-les-Voves)
Elle regarde
Elle est assise
Sur un vieux banc
Dans un jardin
Elle attend ...
Elle est assise
Et elle regarde
Les autres vivre
Sans prendre garde ...
A ce qu’ils font
A ceux qu’ils blessent
A tous ces signes
De détresse ...
Et elle soupire
Ne peut rien faire
Ce serait pire
Y’a pas d’mystère !
Parfois on croit
Parfois on pense
Qu’on peut aider
Toute la souffrance ...
Mais on se trompe
Car on ne peut pas
Aider celui
Qui ne l’veut pas !
Alors ...
Elle est assise
Sur un vieux banc
Près de l’église ...
Et elle regarde
Les autres vivre
Sans prendre garde
A l’équilibre ...
De leur maison
De leur planète
Et de leur vie
Pas toujours nette !
Elle est bien vieille
Et elle sourit
En regardant
Toutes ces vies ...
Toutes ces ombres
Ces faux-semblants
Tous ces mensonges
Pleins de clinquant !
Elle n’a plus d’âge
Ni même de nom
Même son visage
N’est qu’illusion !
C’est le miroir
De toutes nos peurs
De tous les cris
Qui hantent nos cœurs !
Puis elle s’en va
Un peu plus loin
Pour refléter
D’autres Destins !
Toujours les mêmes
A l’Infini
Les mêmes espoirs
Les mêmes envies !
Et elle s’assoit
Sur un vieux banc
Pour regarder
Tous les passants ...
Méluzine D’Auxerre
(Mars 2006)
(Epineau-les-Voves)
Entre ces murs
entre ces murs
J’entends les bruits du dehors
Qui me rappellent qu’il y a la Vie
Sans moi
Là
Tout près ...
Entre ces murs
Je sens le cœur de la ville
Qui s’agite
S’étire
Se bat et se combat ...
Entre ces murs
Je voudrais vivre
Mais ne sais que me taire
A bout de forces
Les mains usées ...
Entre ces murs
Mes yeux se ferment
Pour ne plus voir
Leur blancheur
Sans fin ...
Entre ces murs
Les quatre murs
De ma vie
De mon histoire
De toutes mes failles
Et mes faiblesses ...
Je cherche en vain
Une étincelle
Une graine d’espoir
A y semer ...
Je cherche un mot
Ou un écho
A faire vibrer ...
Mes mains sont froides
Mon cœur est lourd
Mon dos voûté ...
Nul ne me voit
Derrière ces murs
Que la vie a bâtis ...
Nul ne m’entend
Le monde est sourd
A c’ qui dérange ...
Mais je suis là
Je suis bien là
Derrière ces murs ...
Méluzine D’Auxerre
(22 Novembre 2009)
(Auxerre)
Dis-moi vieux cèdre
Dis-moi vieux cèdre que caches-tu sous ton ramage !
Quels sont tous ces secrets gravés sur ton écorce ?
Quel esprit vient te voir pour te rendre un hommage
Ou bien chercher en toi la source de sa force ?
Quelle est cette présence qui hante la maison
Attendant ma venue pour pouvoir vivre enfin ?
Qu’y a-t-elle donc vécu tout au long des saisons
Qui peut la retenir retardant son Destin ?
Et toi vieux cèdre dis-moi qu’as-tu vu en ces lieux
Pour qu’il y reste une âme attendant mon secours
Ou bien encore l’instant où s’ouvriront mes yeux
Pour pouvoir me parler sans besoin de discours ?
Sur quoi donc veilles-tu derrière ces vieux murs ?
Qu’y avait-il ici avant cette maison ?
Je sais qu’en y venant je parts pour l’aventure
Au pays du mystère ou de la déraison !
Alors entendons-nous et faisons bon ménage
A l’ombre l’un de l’autre et veillons sur nos vies
Puisqu’ensemble nous ferons un bout de ce voyage
Accordons nos deux âmes et devenons amis !
Méluzine D’Auxerre
(06 et 07 Mai 2006)
(Epineau-les-Voves)
Dis-moi vieux sage ...
Dis-moi vieux sage d’Orient
Comment sont tes montagnes ?
Qu’entends-tu dans le vent
Quelle joie t’accompagne ?
Tes pieds nus sur la route
Savent bien le chemin
Pas de place pour les doutes
Juste la confiance en Demain !
Quand tu écoutes la pluie
C’est la vie qui murmure
Et la route infinie
N’est qu’une simple aventure ...
Vieux sage montres-moi
Les couleurs ... la lumière
Qu’on oublie ici-bas
Devenus terre-à-terre !
Je m’assoies ... je t’écoute
Tu as tant à me dire
Au début de la route
Je dois encore grandir ...
Ta main sur mon épaule
Vient pour guider mes pas
Dis-moi ... ai-je un rôle
A jouer ici-bas ?
Tu ne dis rien ... et pourtant
Tout me parle en toi !
Puisque pour un instant
Nous donnons le même "la" ...
Et nos vies qui se mélangent
Retrouvent leur mémoire
Puisqu’ici rien ne change
Rien n’est dû au hasard !
Et nos mains qui se tiennent
Dessinent les mêmes lignes
Car dans cette vie qu’est la mienne
Tu es venu me faire signe ...
Je me tiens devant toi
Assoiffée de lumière
Baignée dans ton Aura
Je vais quitter la Terre ...
Merci pour ce voyage
Bien au-delà des mots
Car je touche au rivage
Du Subtil et du Beau !
Méluzine D’Auxerre
(07 Mars 2006)
(Epineau-les-Voves)
Conquête et soumission
Tu avances le pied et une feuille craque
C’est la forêt entière qui s’éveille soudain
Tu es bien maladroit dans ce monde si étrange
Ce n’est pas ta maison ... tu te sens incertain
Tu violes un territoire qui refuse ta présence
Tu te crois bien malin mais te voilà perdu
Au milieu des grands arbres tu n’as plus de repères
Les chemins ... les sentiers ... ils ont tous disparu !
Et toi tu erres sans fin au sein de la Nature
Tu ne sais plus les rites ni même les habitudes
Des Hommes du passé qui s’unissaient à elle
Au milieu d’une foule tu crains la solitude
Tu ne sais plus sentir les présences invisibles
Qui peuplent les buissons ... qui chantent dans la nuit
Qui murmurent dans les feuilles pour parler à nos âmes
Et qui savent veiller sur nos fragiles vies !
Tu fais bien trop de bruit pour entendre la voix
Qui transmet les messages nous venant de très haut
Pour cela il faudrait que tu retrouves enfin
L’innocence que tu avais à l’âge du berceau !
Toi tu ne sais plus voir au-delà du visible
Trompé par les brouillards qui entourent nos villes
Alors tu t’aventures au milieu des grands arbres
En croyant Dame Nature conciliante et docile ...
Mais elle ne se dévêt qu’aux yeux de ses amants
Et pour la mériter il faut d’abord l’aimer
Ne jamais la trahir et faire preuve de patience
Pour qu’elle puisse révéler tous ses trésors cachés ...
Alors tu pourras voir un tableau magnifique
Supérieur en tous points à tous ces grands chef-d’œuvre
Qui trônent dans les musées de toute la planète
Pour mimer la Nature ils font tout ce qu’ils peuvent ...
Mais ils sont encore loin de la réalité
Car ils oublient de peindre parfois l’âme des choses
La grâce du papillon qui emporte avec lui
Une fibre de lumière qui près de nous se pose !
Une couleur qui se trouble au passage des fées
Ou le chant du ruisseau parlant avec la fleur
Car toutes ces choses-là nous sont parfois cachées
Mais on les trouve aussi tout au fond de nos cœurs !
Méluzine D’Auxerre
(10 Avril 2006)
(Epineau-les-Voves)
A l’abri des grands arbres (version poème)
Mon corps entre tes mains
Se soumet à tes gestes
Il savoure chaque instant
Du peu de temps qu’il reste.
Je détourne mes yeux
De cette onde si pure
Faisant comme un miroir
Une présence qui rassure.
Et les arbres au-dessus
Sont un rideau pour nos caresses
A l’abri de la vie
Oubliant ce qui blesse.
Et tes mains qui me couchent
Et ta bouche qui me frôle
Sont bien plus qu’un écho
Dans la nuit qui s’étiole.
Mes cheveux se libèrent
Sous tes doigts impatients
Et puis mes yeux se ferment
Pour mieux goûter l’instant.
Et ce feu dans mes veines
Me fait tout oublier
Je ne suis pas ta femme
Et tu m’as enlevée.
Où sont donc tous les miens
Ma famille mon village
Je n’ai rien retrouvé
Au retour du voyage.
Et tes soupirs sur ma peau
Se donnent sans remords
Mais je dois partir
Puisqu’arrive l’aurore
C’est un cri que j’étouffe
Un geste que je retiens
Ma tête sur ton épaule
Se repose soudain.
Et nos cœurs qui se calment
Et nos corps fatigués
Se retrouvent réunis
Sous les arbres muets.
Et la source qui chante
Taira tous ses secrets
Jusqu’à ce que revienne
Une nuit étoilée.
Voilà tes pas qui s’éloignent
Et quittent notre histoire
Les oiseaux qui s’éveillent
Reprennent leur territoire.
Méluzine D’Auxerre
(06 Février 2006)
(Epineau-les-voves)
Derrière toi
D’une main décidée tu découpes
Ce qu’a été ta vie
Ne voulant laisser derrière toi
Ni traces ni regrets ...
Tu fermes
Résolue
La porte sur le passé
Même si ce geste te déchire
Tu dois le leur cacher ...
"Serre les dents ! Reste forte !"
Te dis-tu à toi-même
Ils ne sauront jamais ce que tu sacrifies !
Parce qu’ils sont convaincus de ta joie
De ta force
Parce qu’ils ont choisi
De ne voir dans tes gestes
Que paix et que lumière !
Mais toi tu connais bien
L’étendue des dégâts
Même si tu dois les taire ...
Ils ne te croiraient pas !
Tu te dois de sourire
Même si c’est ton cœur qu’on brise
Tu dois ouvrir la route
Bien qu’ayant perdu ton propre chemin
Tu dois prendre sous ton aile
La souffrance des autres
Alors qui donc t’entendra
Si tu te mets à gémir ?
Tu caches sous tes mots
Tes peurs et tes blessures
Tout en parlant d’une autre ...
Car au fond tu sais bien
Qu’on ne te croirait pas !
La foule
Tout autour
Est bien trop occupée
A se plaindre et à gémir
Sur son propre malheur ...
Pour te voir
Telle que tu es
Vraiment !
Méluzine D’Auxerre
(15 Février 2010)
(Auxerre)
Rupture
Tu cognes, tu frappes, tu brises,
A t’en donner le vertige
Tu n’es plus qu’un cri qui s’élance ...
Que t’a-t-on fait ?
Qu’as-tu donc vu
Là
Devant tes yeux ?
Tes pas s’affolent
Sans but
Sans direction
Tu as perdu la boussole
Qui dirigeait ta vie !
Où est partie la source
Dont l’eau a baigné ton enfance ?
Où est passée la paix
Qui régnait sous ton toit ?
Où sont partis les voix
Chantant à ton oreille
Dans le soir
Près du feu ?
Où donc les mains si tendres
Qui savaient consoler ?
Où donc cette épaule
Sur laquelle s’appuyer ?
Frappé dans ton élan
Soudain tu es à terre
Perdant ta dignité
Tu te sens bien petit !
Tes forces t’abandonnent
Tu te livres au hasard
Qui court derrière toi
Semblant te rattraper ...
Et tes larmes se mêlent
Aux pierres du chemin
Que tu ne veux plus suivre
Tu as baissé les bras ...
Qui te tendra la main
Viendra te relever ?
Mais le veux-tu vraiment ?
Te voilà épuisé !
Mais voilà que soudain
La foule
Tout autour
Vient pour te condamner ...
Elle te jette dessus
Insultes et jurons
Et voilà qu’elle te frappe
Sans même vouloir t’entendre
Et te voilà prisonnier
De l’image qu’on te donne ...
Et sous les coups tu sens
Ton esprit
Qui s’évade ...
Pour retrouver
Là-bas
La source de ton enfance
Et les mains qui caressent
Apportant le sommeil ...
Tu te perds dans ses yeux
Retrouves sa chaleur
Et tu entends enfin
Les mots qu’elle te murmure
Effaçant tous ces cris
Au-dessus de ta tête !
Méluzine D’Auxerre
(15 Février 2010
(Auxerre)
La danse de la Terre
C’est la prière des Hommes
A genoux dans la nuit
Qui monte et monte encore
Sans savoir si là-haut
Une oreille attentive
Ecoutera les sanglots
Qui s’écoulent de la Terre ...
Elle a tant de blessures
Connaît de tels ravages
Que tout son sang versé
Noierait la galaxie ...
Elle voit vendre ses filles
Et ses fils faire naufrage
Perdus sans horizon
Sans espoir pour demain ...
Et pourtant elle continue
De tourner sur elle-même
Car elle ne sait rien faire
D’autre sinon tourner ...
Ses entrailles se déchirent
Et son sang s’empoisonne
Par la folie des Hommes
Qui regardent déjà ailleurs ...
Elle ne sera rien d’autre
Qu’une vieille maison qu’on abandonne
Pour aller conquérir
L’Espace d’autres étoiles ...
A l’image de ces gens
Qu’on laisse sur la route
Et qu’on croit inutiles
Parce qu’ils sont "cassés" ...
Alors elle tourne encore
Jusqu’à s’en étourdir
Dans l’espoir insensé
D’échapper à son sort ...
Et lancée dans l’Espace
Elle danse pour les yeux
De ceux qui de là-haut
La regardent tourner ...
Méluzine D’Auxerre
(30 Mai 2006)
(Epineau-les-Voves)
La danse du feu
C’est la danse du feu
Où se perdent tes mains
Tu n’as pas peur de lui
Car tu es né Indien ...
C’est la danse du feu
Où se perd ton regard
Depuis la nuit des temps
Il dompte le hasard ...
Il enseigne tant de choses
Dévoile tant de mystères
Il peut parfois dévaster
Ou féconder la terre ...
Il réchauffe tes mains
Il veille sur tes nuits
Si tu sens sa brûlure
C’est que tu es en vie ...
C’est la danse du feu
Qui joue ses sortilèges
Et le regard perdu
Te voilà pris au piège ...
Chamane ou bien sorcier
Tu te mélanges à lui
Pour faire revivre en toi
Ce goût de l’Infini ...
Ton âme devient flamme
Ton corps redevient cendres
Et tes gestes envers lui
Se font parfois si tendres ...
Le souffle de la nuit
Murmure à ton oreille
Et te voilà soudain
En lien avec le ciel ...
Et si tu fais l’amour
Ce n’est qu’avec les flammes
Qui savent te fasciner
Mieux que le corps des femmes ...
Méluzine D’Auxerre
(19 Février 2006)
(Epineau-les-Voves)
Je marche à tes côtés
"Ami", n’oublie jamais,
Que moi je marche à tes côtés.
Pour rien au monde,
"Ami", crois-mois,
Ma place ne cèderai ...
Je sens ta main,
Là, dans la mienne,
Elle est la vie,
L’espoir et la lumière
D’un nouveau jour qui commence ...
Je serai là,
Toujours marchant,
A tes côtés ...
Tenant ta main,
Portant tes peines,
A t’écouter ...
Même loin de toi,
Pourtant, je veille,
Par la pensée ...
Méluzine D’Auxerre
(22 Novembre 2009)
(Auxerre)
Un homme
Un homme
Ca rit, ça frime
Et même parfois ça joue les durs
Ca joue au foot et ça rassure
Ca escalade et ça bricole
Ca sait nager, conduire
Et puis cogner
Quand ça se met en colère
En gants de boxe ou sur un arbre
C’est même sensé nous protéger !
Mais quand la porte se referme
Derrière son dos, que vient le soir,
Combien de larmes et de soupirs
Ca laisse parfois échapper ...
Combien de doutes et de souffrance,
De sentiment de solitude,
Sont enfermés entre ses murs
A fleur-de-peau, prêts à jaillir !
Mais, à tout prix, il doit garder,
Du moins à la face du monde,
Toute sa droiture, sa dignité ...
Ne pas craquer ! Ne pas flancher !
Ne pas abîmer son image ...
Au moins celle qu’il s’est forgée !
Mais quand il ferme la porte
Derrière son dos, quand vient le soir,
Il se retrouve comme en enfance
Et voit ses peurs se ranimer ...
Il aimerait juste une épaule,
Une main à prendre et à tenir
Lorsque sa peine est bien trop grande
Pour pouvoir la contenir ...
Mais plus personne ne peut l’entendre
Puisqu’il s’est lui-même enfermé
Derrière le mur des apparences,
Derrière l’image qu’il donne aux autres
En croyant se protéger !
Comme un enfant, il s’abandonne
Entre les mains de la nuit
Et ce sont ses pleurs que j’entends
Parfois, le soir, devant ma porte,
Faisant comme un écho aux miens ...
Méluzine D’Auxerre
(14 Février 2010)
(Auxerre)
Départ
Ami, prends ton bagage,
Ton fardeau, ta douleur
Emmène-les jusqu’où
Te porteront tes pas.
Ami, que crains-tu donc :
Les pierres sur le chemin
Pour te faire trébucher ?
Le vide de tes mains
Que tu tends devant toi ?
Ou bien ta propre image
Que tu vois dans la glace ?
Ami, pourquoi ces larmes
Au moment du départ ?
Laisse-tu donc là-bas
Quelque précieux trésor ?
Y as-tu donc vécu
Des moments de bonheur ?
As-tu perdu confiance
En ce que tu peux vivre
Demain si tu le veux ?
Et surtout n’oublie pas
De mettre dans tes bagages
Tes blessures et ta peine
Pour bien te souvenir
De ce dont tu ne veux plus !
Tes bagages seront lourds
Même si tu n’as plus rien
Pourtant emporte-les
Car ils te serviront
De ferment, de semence
Pour une vie nouvelle
Méluzine D’Auxerre
(14 Février 2010)
(Auxerre)
Mélange
entre mes bras
Tout contre moi
Te voilà endormi
Et moi je te regarde
Emerveillée ...
Ton souffle rythmant les battement de mon cœur
Ta joue posée sur mon épaule
En pleine confiance
Sans poser de questions
Comme un navire rentré au port ...
Tu dors
Et moi je te regarde
Cherchant à te déchiffrer ...
Je veille sur ton repos
Torturée de mille doutes
Et toi
Tu dors
Avec confiance ...
La douceur de ta peau
Posée contre la mienne
Vient me dire que tu es là
Malgré le sommeil qui t’emporte
Et moi je te regarde
N’osant encore y croire
Si longtemps à t’attendre
Après t’avoir porté !
Méluzine D’Auxerre
(14 Février 2010)
(Auxerre)
A quatre mains
Quatre mains pour construire
Un monde plus juste et meilleur
Mais aussi pour jouer
Sur les cordes du temps.
Quatre mains pour planter
Et nourrir cette Terre
Mais aussi pour pleurer
Quand s’assèche la rivière.
Quatre mains pour étreindre
Des envies ... des espoirs
Mais aussi pour frapper
L’injustice du Hasard.
Quatre mains pour chanter
L’aurore d’un nouveau jour
Mais aussi pour couper
L’herbe sous le pied au chagrin.
Quatre mains fatiguées
Et pourtant tant à faire
Quatre mains pour donner
Sans jamais rien reprendre.
Quatre mains enlacées
Trouvant enfin le repos
Après avoir tant cherché
Parfois même sans y croire.
Quatre mains endormies
En confiance
Seules à seules.
Quatre mains
Réunies
Enfin !
Méluzine D’Auxerre
(14 Février)
(Auxerre)
Elévation
Une poignée d’écume jetée aux quatre vents
Et la mer qui s’avance pour mieux lécher la grève
Accompagnée des cris lointains des cormorans
Offrant un peu de paix à ce jour qui s’achève.
Tout est paix et silence même au-dedans de moi
Les armes sont déposées pour goûter la magie
De ce moment d’extase au gré de la Nature
Qui déploie sa fureur et se retient ensuite
Pour ne pas abîmer tout ce qu’elle a créé ...
Cette perle de pluie qui glisse sur ma main
Est une larme du Ciel qui se rappèle à moi
Jouant de ses couleurs caressant la lumière
Bien qu’il y ait des pays où il ne pleut pas ...
Ce murmure que j’entends à présent près de moi
Est-il vrai ? Est-il songe ... ou bien rêve éveillé ?
Il me donne des nouvelles du centre de la Terre
Pour me dire qu’elle a mal et ne reconnaît plus
Ni ses bois ni ses champs ni même ses poissons
Encore moins ses enfants en train de la trahir ...
Combien de temps encore ses voiles à l’horizon ?
Encore combien de temps à contempler ces fleurs
Qui ferment leurs pétales pour mieux se protéger ?
Et ce pauvre ruisseau qui peine à courir
Sous le poids des poisons que certains y déversent
Encore combien de temps à pouvoir m’y baigner ?
Mais je pense à tous ceux qui isolés de tout
Ne peuvent pas goûter hélas à ces trésors
Et même à tous ceux qui ne l’ont jamais pu !
Méluzine D’Auxerre
(Dimanche 22 Novembre 2009)
(Auxerre)
Face à face
Nous nous tenons face à face
Comme un miroir inversé
Juste égaux dans la glace
Néanmoins opposés ...
Qu’avons-nous à apprendre ?
Qu’avons-nous donc à vivre ?
Quel est donc ce message
Que la vie nous délivre ?
Qu’avons-nous à surprendre
L’un chez l’autre et en soi ?
Quel est donc ce reflet
Que la glace nous renvoie ?
Si l’on se tient la main
C’est pour mieux avancer
Mais pas toujours facile
D’avancer sans tomber ...
De garder l’équilibre
Lorsqu’on frôle l’abîme !
En une valse hésitante
Entre Enfer et Sublime ...
Se nourrir sans se perdre ...
Se donner sans feindre ...
Donner sa lumière à l’Autre
Sans se laisser éteindre ...
Où se trouve la limite ?
Le pas à ne pas franchir ?
Sans l’avoir vécu
Difficile de le dire !
Savoir qu’on va droit dans le mur
Mais y aller quand même ...
Parce qu’on a compris depuis longtemps
Que c’est là que la vie nous mène ...
Que de l’autre côté ...
Il y a la vie ...
Enfin ...
Juste la vie !
Juste une étape à franchir ...
Pour se retrouver ...
Retrouver l’Autre et soi-même ...
En pleine clarté !
Eprouver la résistance
Et la solidité du mur
Pour connaître sa propre force
Et enfin être sûr ...
Casser le miroir
Pour voir ce qu’on y a caché ...
Ce que renferme la vie
Derrière tous ces reflets ...
Cette route invisible à nos yeux
Que nous devons retrouver et suivre
Au milieu de nos propres peurs
ces illusions qui nous enivrent !
Alors
Moi
Face à toi ...
Ton corps face à mon corps ...
Tes yeux noyés dans mes yeux
Et ta main tenant ma main ...
Je me retrouve ...
Enfin !
(Méluzine D’Auxerre)
(Lundi 25 Mai 2009)
(Auxerre)
Nuit
J’entends battre le tambour
Rythmant le souffle de la nuit
Qui se laisse étirer
Doucement
Vers l’oubli ...
Une pause
Au milieu de nulle part
Le temps de se remettre
De savourer l’instant
D’endormir la douleur ...
Au milieu de la ville
Couverte de sa blancheur
Anesthésiée par les heures
Je m’élève en douceur
Pour plonger bien plus bas
Que cette Terre qui s’endort ...
Juste une pause
En douceur
Un instant de magie
Que font naître les mots
Echangés à distance
Mais réels pourtant ...
Est-ce mon cœur qui rêve
Ou les ai-je entendus ?
Est-ce le tambour qui s’arrête
Ou mon cœur qui ne bat plus ?
Ce n’était qu’un mirage
Au milieu de la nuit
Ranimant la douleur
Qui n’était qu’endormie !
Méluzine D’Auxerre
(13 Février 2010)
(Auxerre)
Ouverture
Entre mes mains coule la vie
Retenue au creux d’un grain de sable
Perdu parmi des milliers d’autres
Rejoignant le début et la fin
Le souffle et l’espérance
Ranimant le brasier ...
Entre mes mains glisse l’onde
Se mêlant à la terre
Forte et malléable tour à tour
Pour recréer le mouvement
L’impulsion du désir
Le chatoiement des couleurs
Mais aussi le silence ...
Entre mes mains ... la lumière
Celle qui aveugle et ranime
Qui brise le verre et fait chanter
Se montrant droite et nette
Mais sachant se courber pour faire naître l’arc-en-ciel
Quand on s’y attend le moins ...
Entre mes mains ... tout un monde
De saveurs et contradictions
De pleins et de déliés
De rondeurs et de blessures
De mémoire à l’infini ...
Puisque
Entre mes mains
Il y a toi ...
Méluzine D’Auxerre
(13 Février 2010)
(Auxerre)
