"Colmar, essai de dictature le temps d’un week-end !" par François Mativet
La dictature désigne un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite
COLMAR, essai de dictature le temps d’un week-end !
Les 3 et 4 octobre dernier, avec une dizaine de militants antinucléaires non violents et néanmoins amis, nous sommes partis pour Colmar pour rejoindre le rassemblement organisé par le Réseau Sortir du Nucléaire afin d’éviter la prolongation de la centrale de Fessenheim.
La semaine qui avait précédé fut riche en événements. A l’origine, il était prévu une manifestation, mais le maire de Colmar en a décidé autrement, au mépris des lois de ce pays, il a pris puis retiré des arrêtés totalement illégaux et surréaliste comme celui interdisant la circulation de tout véhicule et de tout piéton pendant la durée de l’événement.
Je vous passe les détails de l’autorisation qui avait été donnée par écrit en mars et qui se voyait de fait refusée à 8 jours de la date fatidique, de l’interdiction de manifester et de l’obligation de transformer la manif en rassemblement...
Déjà là, on ne sent plus très bien la teneur de la démocratie, on voit les libertés se dissoudre dans la vapeur d’eau des réacteurs nucléaires. Mais nous sommes des non-violents, et donc on ne voulait pas aller au clash.
Arrivés dans la région la veille au soir, nous avons été accueillis dans un gîte magnifique à quelques kilomètres de Colmar par des gens ouverts, d’une gentillesse incroyable vivant dans un paysage magnifique. Le lendemain matin, quelle ne fut pas notre surprise de constater que la veille pour certains le matin pour d’autres, nous avions tous pris notre douche avec de l’eau chaude solaire. Renseignements pris auprès de la propriétaire, c’est assez courant dans la région car ils ont bien reçu le nuage qui n’a jamais passé la frontière et sont donc bien engagés dans les énergies renouvelables.
Après un long petit déjeuner, nous partons vers Colmar et commençons à prendre peur en voyant à 10 km de la ville tous les ronds-points occupés par des camionnettes bleues et les hommes qui vont avec. Et plus on approche du centre ville et plus ils sont nombreux. Les camionnettes sont remplacées par des cars avec des remorques, bientôt c’est un hélicoptères qui nous survole, puis 2. État de siège ?
On arrive tant mal que bien à garer notre véhicule et nous dirigeons vers le rassemblement près de la gare. Et là on se demande vraiment si nous ne sommes pas tomber dans la machine à remonter le temps de quelques 41 ans en arrière.
Au bout d’un petit kilomètre, nous tombons sur une première barricade anti-émeute et toutes les options disponibles : les robocop au grand complet avec tous leurs gadgets qui font mal, les véhicules sortis de Mad Max avec grilles de protection, lance incendie et tout le toutim.
Les plus novices d’entre nous commencent sérieusement à ne plus être très fiers. Mais notre motivation les rassure et nous continuons notre parcours du non combattant.
Une deuxième puis une troisième, toutes du même tonneau nous donnent à penser que ce pourrait être drôle si ce n’était si grave pour la démocratie, si ce n’était si préoccupant pour nos libertés, si ça ne coûtait autant d’argent prélevé sur nos impôts... et nous n’avons pas encore tout vu !
Nous arrivons enfin sur le lieu du rassemblement. C’est le moment des grandes retrouvailles qui sont toujours très chaleureuses dans cette grande famille. C’est vrai qu’on a maintenant des amis dans presque tous les départements français, car bien peu sont épargnés par le fléau nucléaire ; mais bien vite, de nouvelles rencontres arrivent avec les allemands, les suisses. Tiens les allemands, parlons-en !
Nous sommes en Europe lorsque nous sommes à Colmar, et nos voisins allemands ont été volontairement "ralentis" à la frontière sous le prétexte fallacieux de "contrôles". Pour voyager beaucoup (trop ?), ça fait des années que je n’ai pas vu un douanier, que ce soit pour aller en Allemagne, Autriche, Italie, Espagne ou Suisse, et d’un seul coup d’un seul, voilà t’y pas que nos douaniers français se réveillent pour contrôler nos amis allemands qui arrivent quand même, mais avec 1 heure de retard.
Pendant ce temps, une équipe de France 3 apprenant la chose veut aller vérifier de visu. On leur interdit la sortie de Colmar... Etonnant non ?
2 hélicoptères se relaient pour faire du stationnaire chaque fois qu’il y a une prise de parole, mais ce n’est qu’un malheureux hasard.
Les prises de parole se font malgré tout, une américaine vient même expliquer comment elle est surprise de voir autant de monde à ce rassemblement alors qu’EDF et Areva, au travers de leurs nombreuses filiales, racontent sur tout le territoire américain que tout va bien dans la France nucléaire. Elle est scotchée et ça se sent au micro.
Pour comprendre ce qui va suivre, il faut bien se rendre compte de la situation. Nous sommes entourés de barricades anti émeutes nous interdisant l’accès au centre-ville. Les bleus canalisent toutes les entrées et interdisent les sorties sauf à leur remettre tous signes distinctifs tels tee-shirts, badges et autres matériels auquel chaque militant attache un peu de son histoire personnelle.
Deux d’entre nous se feront arracher des feuilles contenant un message clair : "nucléaire = démocratie bafouée". Ces mêmes deux verront une militante tellement pressée de satisfaire un besoin naturel qu’elle le fera, bien obligée, devant les barricades au pied d’un groupe de bleus médusés.
3000 bleus, les véhicules, les transports, leur matériel, leur ravitaillement, les frais de déplacements, 2 hélicoptères, la police montée, la pose et la dépose des barricades et des milliers de barrières par les services techniques, les commerces obligés de fermer, ...
A COMBIEN SE MONTE LA FACTURE
PAS UN INCIDENT, PAS UN SEUL !
Je ne sais comment avec des mots vous faire sentir de quel côté était la violence, même encore le samedi soir tard dans la ville, quand passer à côté d’eux est une prise de risque, quand on sent les regards, qu’on aperçoit les appareils photos ou les camescopes qui nous filment sans notre autorisation.
Cette ambiance délétère, jamais nous ne l’avons ressentie sur le lieu du rassemblement, mais beaucoup en dehors.
Cette ghettoïsation est insupportable à titre personnel, mais elle est encore plus insupportable pour l’avenir de la démocratie et pour celui de nos enfants.
Jamais au cours de ma vie de militant, il n’a été aussi difficile de rester non violent face à cette gabegie d’argent public et à de tels dénis de démocratie.
Mais nous avons gagné, nous les avons ridiculisé et il faut le dire, le score est sans appel : 3000 policiers à 0 incident
Et la colère me fait oublier de vous parler de cette magnifique banderole de 150 m2 descendu le long d’un immeuble, de ces groupes de musique incroyables, des sandwichs de la confédération paysanne, du jus de pomme du stand d’à côté, des danseurs Stop Fessenheim, des ateliers énergies renouvelables, du succès des démonstrations de moteur Pantone, des concerts jusqu’à 3 h du matin, et j’en oublie encore bien plus.
La vraie vérité, c’est que le lobby nucléaire commence vraiment à avoir peur, de ce toujours plus de monde aux rassemblements et manifestations, des ces articles et reportages trop souvent contre lui dans les médias de plus en plus grand ; peur de ses échecs à répétition dans la vente de l’EPR, peur de ses magouilles, de ses mensonges de plus en plus évidents auprès d’un public toujours plus nombreux.
La vraie vérité, c’est que le nucléaire malgré tout cela n’est pas mort... Il bouge encore, mais la tendance s’est inversée. Il est passé de dominateur à dominé ; il est sur la défensive. Alors ne lâchons rien, luttons sans compter, notre énergie est renouvelable et sans CO2, luttons pour que nos enfants puissent faire des enfants !
François Mativet
Mativet François
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"Colmar, essai de dictature le temps d’un week-end !" Fessenheim : la préfecture détaille les moyens déployés samedi à Colmar7 octobre 2009, par Administrateurs du site
STRASBOURG - Mille deux cents policiers et gendarmes, dont 850 venus en renfort, ont "encadré" un rassemblement anti-nucléaire auquel ont participé, samedi à Colmar, entre 3.500 et 10.000 manifestants, a indiqué mercredi la préfecture du Haut-Rhin.
http://www.romandie.com/ats/news/091007140023.qexssmer.asp
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"Colmar, essai de dictature le temps d’un week-end !" Fessenheim : la préfecture détaille les moyens déployés samedi à Colmar21 novembre 2009, par Jess entrale
Bonjour,
tout d’abord je me présente Jess entrale, président d’une association de courant alter-natif, l’energie qui nous anime dans notre combat quotidien de tous les jours semble commune a votre engagement dynamique. l’ampleur du Nucléaire dans notre société m’éléctrise au plus haut point, je ne peut accepter que sous un nuage d’excuse politique nous passions sous silence cette pile de dossier caché sous pretexte d’atome crochu entre élue, nous ferons plier ce noyaux dur qui endort les gens dans la ouatte, notre association sera dans l’avion de la rebellion l’innamovible réacteur.
contre vent et marré nous nous batterons, la motivation de nos adherents est notre combustible, notre reseau R.P.A ( radio pirate Actif ) multiplie les actions, turbine d’idée si bouillante que la vapeur s’étale jusque en ukraine.
Aré va sur les chemins du combats utopique, transmet ton savoir partout comme le père noel distribue les cadeaux...dans les cheminée !Mr Rubson président de l’association " collematon les fisssures "
666 rue Tricastin
Arevaland
mail : éolientetedechien@tousdescons.lu
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Suite aux graves atteintes au droit de manifester lors du rassemblement antinucléaire du 3 octobre 2009 à Colmar, le Réseau "Sortir du nucléaire" a envoyé ce jour une LETTRE OUVERTE (*) au préfet du Haut-Rhin, au maire de Colmar et au secrétaire d’état à la justice et aux libertés.6 octobre 2009, par Administrateurs du site
Communiqué de presse du 6 octobre 2009
Contact : 06 64 100 333Suite aux graves atteintes au droit de manifester lors du rassemblement antinucléaire du 3 octobre 2009 à Colmar, le Réseau "Sortir du nucléaire" a envoyé ce jour une LETTRE OUVERTE (*) au préfet du Haut-Rhin, au maire de Colmar et au secrétaire d’état à la justice et aux libertés.
Voir les témoignages, photos, revue de presse et vidéos sur :
http://www.fermons-fessenheim.org/spip.php?article155(*) LETTRE OUVERTE A :
Monsieur Pierre-André PEYVEL (Préfet du Haut-Rhin)
Monsieur Gilbert MEYER (Maire de Colmar)
Copie à M. Jean-Marie Bockel (Secrétaire d’État à la justice et aux Libertés)Le mardi 6 octobre 2009
Messieurs,
Le 3 octobre 2009, vous avez gravement bafoué la démocratie en empêchant le bon déroulement de la manifestation antinucléaire qui exigeait la fermeture définitive de la centrale de Fessenheim.
Alors que nous préparions cette manifestation depuis près d’un an, en annonçant comme lieu de rassemblement la Place Rapp ,qui est une immense place au centre ville, vous avez voulu nous parquer dans un stade à la périphérie de la ville. Ce n’est que sous la pression de nombreux citoyens et de diverses organisations que nous avons obtenu de pouvoir nous rassembler « Place de la Gare »… que vous avez fait encercler comme une nasse. D’autre part, vous nous avez interdit d’aller manifester jusqu’à la Préfecture, alors que celle-ci est à Colmar le représentant de l’Etat pro-nucléaire, contre la politique duquel nous luttons. Vous n’avez daigné envisager qu’un parcours s’éloignant de la Préfecture et du centre ville pour minimiser la visibilité de la manifestation.
Nous ne pouvions pas accepter de telles conditions contraires à la démocratie et à la liberté de manifester garantie par la Constitution. C’est pourquoi nous avons pris en conscience la décision de rester sur la Place de la Gare en la rebaptisant « Place de la Liberté », afin que soit rappelée cette triste équation : « nucléaire = démocratie bafouée ».
Comme tous les manifestants et de nombreux habitants de Colmar, nous avons été choqués par le dispositif policier et répressif absurdement disproportionné que vous avez déployé. Nous déplorons l’image éminemment négative que vous avez ainsi donnée de l’Alsace et de la ville de Colmar.
D’après l’AFP, 3000 policiers étaient mobilisés, dont plus de 600 CRS. En comptant 10 000 manifestants, la proportion était donc de un policier pour environ 3 manifestants ! M. Jean-Marie Bockel en personne, en tant que secrétaire d’Etat à la Justice et aux Libertés (sic), supervisait les opérations à la cellule de crise de la Préfecture de Colmar. La brigade anti-criminalité (BAC) était présente en force. La brigade équestre de la police nationale était venue spécialement d’Ile de France. La police de l’air et des frontières (PAF) effectuait des contrôles renforcés aux frontières, créant ainsi d’immenses embouteillages. Des grilles anti-émeutes avaient été dressées dans plusieurs rues empêchant tout accès au centre ville. Des véhicules de type bulldozers et anti-émeutes étaient prêts à intervenir. Pendant toute la journée, un hélicoptère a survolé le rassemblement antinucléaire, dans un bruit assourdissant.
Tant aux frontières (où plusieurs dizaines de personnes ont été refoulées par la PAF) qu’à Colmar, ville en état de siège, de nombreux citoyens ont été dissuadés de venir manifester leur opposition au nucléaire par l’attitude des forces de l’ordre et par le climat de répression. Seuls les plus motivés et les plus aguerris ont finalement pu se rendre sur le lieu de la manifestation.
Par le biais d’une campagne de désinformation soigneusement orchestrée, en direction des médias comme des Colmariens, vous avez créé un climat de peur et d’insécurité, qui aurait pu provoquer des réactions de révolte et de colère. Vous avez cherché à persuader la population de Colmar qu’une horde de casseurs allaient envahir la ville. Malgré ces tentatives de déstabilisation et d’intimidation, la multitude des opposants au nucléaire est restée parfaitement calme, bien que profondément révoltée par une telle oppression.
Pourtant, vous saviez parfaitement que ce rassemblement serait pacifique, comme l’ont toujours été les manifestations antinucléaires au cours de ces dernières années. Le 2 octobre, soit la veille du rassemblement, vous avez affirmé à la presse : « Il n’y a pas de syndrome Otan. Nous n’avons pas d’information faisant état de l’arrivée de casseurs. »
Quelle était alors la finalité de cet état de siège ?
Lors du « Grenelle de l’environnement », le nucléaire n’a jamais pu être débattu et a été érigé en tabou. De la même façon, à Colmar, vous avez tenté d’empêcher tout débat démocratique sur la place publique. Vous avez en outre tenté de discréditer les antinucléaires en les faisant passer pour un mouvement criminel et irresponsable. Malgré la situation oppressante que vous avez créée, le rassemblement s’est déroulé dans la bonne humeur et sans la moindre violence, démontrant le grand sens de responsabilité des manifestants et des organisateurs.
Commanderez-vous un déploiement comparable des forces de police lors des prochaines manifestations politiques ou syndicales à Colmar ? Interdirez-vous le centre ville ?
A l’heure où nos concitoyens vivent durement la crise, le gaspillage d’argent public que représente cette véritable opération militaire est proprement scandaleux. Voilà qui est en parfaite cohérence avec le développement du parc nucléaire, effectué au mépris de toute procédure démocratique et financé avec les impôts des Français, pourtant majoritairement opposés à cette énergie.
M. Gilbert Meyer, au milieu des années 70, vous avez été secrétaire général de la mairie de Fessenheim en vous prononçant résolument pour la construction de la centrale. Vos fonctions actuelles de maire de la ville de Colmar devraient vous obliger à garantir à chaque citoyen - quelle que soit son opinion, fut-elle contraire à la vôtre - l’assurance d’une libre expression démocratique et citoyenne. La partialité éhontée dont vous faites preuve n’est pas digne d’un élu du peuple.
Monsieur le Préfet et Monsieur le Maire, par votre conduite, vous avez fait HONTE à la démocratie.
Nous vous prions de croire, Messieurs, à l’assurance de nos démocratiques salutations.
Le Réseau « Sortir du nucléaire »
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"Colmar, essai de dictature le temps d’un week-end !" par François Mativet6 octobre 2009, par Administrateurs du site
Un rassemblement antinucléaire très policé
Placée sous haute surveillance, la manifestation antinucléaire s’est déroulée sans incident, samedi à Colmar. Un important dispositif policier a été déployé autour de la gare où plusieurs milliers de personnes, 10 000 selon les organisateurs, 3 500 selon la police, s’étaient rassemblées.
http://www.20minutes.fr/article/352205/Strasbourg-Un-rassemblement-antinucleaire-tres-police.php
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