Verdissement des infrastructures de transport ?
8.10.09
La mode est au « verdissement » des projets d’infrastructures de transport.
Est-ce pour contrer la fâcheuse impression que nombre de projets n’auraient d’autre finalité que la croissance de l’industrie du BTP et de leur cote boursière ?
Les résultats sont étonnants.
Projet d’autoroute A65 Langon/Pau
Valérie David, la directrice du développement durable d’Eiffage soutient que " la seule chance de survie du vison d’Europe est peut-être l’autoroute A65 Langon/Pau".[1]
Le Conseil Régional d’Aquitaine admet enfin l’impact négatif de la construction de cette autoroute (émission de 1 million de teCO2[2]), et assure vouloir le compenser, à hauteur de 14 euros la tonne de CO2.[3]
Quant à la compensation de l’impact du trafic routier induit (croissance de 300% prévue d’ici 2050), elle n’est pas encore à l’ordre du jour. [4]
Projet de Ligne à Grande Vitesse (LGV) Rhin-Rhône
RFF assure que le projet de LGV Rhin-Rhône sera « rentable en carbone », dès la douzième année d’exploitation, après sa mise en service prévue fin 2011.[5]
La construction de ces 140 km de ligne nouvelle, contribuera à l’émission d’environ 1,188 million teCO2 (soit 8500 teCO2 par km de LGV), et le report modal favorisé par le projet, devrait permettre d’éviter 0,129 million teCO2 par an.
Au total, les 2,3 milliards d’euros investis, éviteraient l’émission de 2,7 millions teCO2, sur une durée de 30 ans, ce qui valorise la tonne de CO2 évitée à 852 euros !
Projet de LGV Bordeaux/Espagne
L’intense campagne de communication de RFF en faveur de ses projets de LGV dans le Sud-Ouest[6] , ne parvient pas à convaincre les associations, élus et usagers, du bien-fondé des solutions choisies.[7]
Comment l’option retenue actuellement par RFF– 250 km de lignes nouvelles, éventrant l’Est du massif forestier landais, plus longue de 50 km et d’un coût de 4 milliards d’euros –pourrait-elle présenter un meilleur bilan environnemental et financier, que l’option de l’amélioration des lignes ferroviaires existantes ?
Comment ces projets de LGV pourraient-ils compenser l’impact carbone des projets autoroutiers concurrents (A65 Langon-Pau, mise à 2 fois 3 voies de l’A63 entre Bordeaux et l’Espagne), et qui seront mis en service plus de 10 ans avant ?
Le « verdissement » actuel des projets d’infrastructures de transport est-il vraiment crédible ?
D. DELESTRE
[1] L’autoroute Pau-Langon sera livrée en 2011. JJ Nicomette. Sud-Ouest 30/09/09
http://www.sudouest.com/accueil/act...
[2] teCO2 : tonne équivalent CO2
[3] [3] Le président de la région, Alain Rousset, crée un « fonds carbone » pour compenser la construction de l’A65, Bordeaux-Pau. 10/09/09
http://aquitaine.fr/salle-de-presse...
[4] Dérèglement climatique : La région Aquitaine touche le « Fonds » ! Communiqué de presse du 14/09/09.
http://www.agirpourlenvironnement.o...
[5] 1er Bilan Carbone ferroviaire global. ADEME, SNCF, RFF. Septembre 2009
http://www.rff.fr/IMG/Bilan-Carbone...
[7] http://www.voiesnouvellestgv.webou.... ; http://www.lgv-orthez-oui.com/ ; http://lea.asso.free.fr/
; http://www.sepanso.org/dossiers/lig...
Nœud coulant climatique
28.09.09
La découverte et l’exploitation de nouveaux gisements d’hydrocarbures sont vitales à la croissance économique et financière mondiale.
Ainsi au Brésil, la compagnie nationale des pétroles Petrobras vient d’annoncer fièrement la découverte d’un gisement géant de pétrole, à 200 kilomètres au large de Rio de Janeiro, dans une zone aussi vaste que le golfe du Mexique et par 6 000 mètres de profondeur.
De ce fait, cette société est devenue, en quelques mois, l’une des cinq plus grosses capitalisations mondiales
« Ces gisements enfouis sous une épaisse couche de sel sont un "passeport pour l’avenir", s’est enflammé le Président Lula ». [1]
Ces propos ne sont-ils pas exagérés ?
Estimées à quelques 6 milliards de tonnes de brut, ces réserves garantissent aussi un potentiel de croissance durable des émissions de gaz à effet de serre - quelques 18 milliards de tonnes de CO2 supplémentaires.
Largement de quoi resserrer, encore un peu plus, notre noeud coulant climatique ! [2]
D. DELESTRE
[1] Au Brésil, l’Etat et Petrobras resserrent leur contrôle sur la production de pétrole. JM Bézat. Le Monde. 18/09/09.
http://www.lemonde.fr/economie/arti...
[2] « Le nœud coulant » .Interview d’Hervé Le Treut. JD Renard. Sud-Ouest 16/09/09 http://www.sudouest.com/accueil/act...
Croissance du PIB et émissions de CO2 sont étroitement liés, et réciproquement... (compléments)
Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) [1], les émissions mondiales de CO2, devraient diminuer d’environ 2,6% en 2009, du fait de la crise économique et financière mondiale. Il s’agit de la plus forte baisse depuis une quarantaine d’années.
En 2009, les émissions américaines de CO2 diminueraient de 6%, et les émissions européennes de 4 à 5%.
DD
[1] Carbon emissions fall by steepest in 40 years. Reuters. 21/09/09
http://www.reuters.com/article/envi...
Boomerang climatique en Australie
L’Australie semble être atteinte par un boomerang climatique.
En effet, cet immense pays de 21 millions d’habitants, est un des grands pollueurs de la Planète : avec 16,5 tonnes de CO2 émis par habitant et par an [1], il n’est dépassé que par les Etats-Unis.
Même si l’Australie a accepté de signer le Protocole de Kyoto fin 2007, ses objectifs sont peu contraignants : ils lui imposent de limiter la croissance de ses émissions de GES entre 2008 et 2012, à 8% au-dessus de leur niveau de 1990.
Ironie du sort, l’Australie subit depuis quelques mois une vague de chaleur et de sécheresse sans précédent [2], aux conséquences catastrophiques.[3]
Le point culminant a été atteint lors de la canicule d’août 2009. [4]
De nombreux records de température y ont été battus.
La température moyenne mensuelle du pays a dépassé de 2,47°C la moyenne de 1961-1990, balayant largement le précédent record de 0,98°C.
La moyenne des températures maximales est en hausse de 3,2°C, par rapport à la normale, et supérieure de plus de 1 degré par rapport dernier record de 2006.
Cette plaie climatique qui touche actuellement l’Australie, contribuera-t-elle à renforcer la conscience des ses responsabilités à l’approche du sommet de Copenhague ?
D. DELESTRE
[1]Université de Sherbrook. World perspective.
http://perspective.usherbrooke.ca/b...
[2] http://www.futura-sciences.com/fr/n... [3] Un incendie sans précédent frappe l’Australie
http://www.la-croix.com/photo2/inde...
[4] Exceptional winter heat over large parts of Australia. Special Climate Statement 18.Australian Bureau of Meteorology. 04/09/09
http://www.bom.gov.au/climate/curre...
http://www.ncdc.noaa.gov/sotc/?repo...
Impacts des changements climatiques sur la qualité de l’air
Selon l’INERIS[1], les impacts prévisibles des changements climatiques sur la qualité de l’air en France et en Europe, seraient les suivants :
1°) Augmentation des pics d’ozone troposphérique en été
On peut s’attendre à « une importante augmentation des niveaux d’ozone lors des périodes estivales, menant à une croissance moyenne des pics journaliers en Europe de l’Ouest par rapport au niveau actuel de l’ordre de 25 à 40 μg/m3 selon le scénario climatique pris en compte .
La France apparaît plus fortement touchée par l’accroissement des concentrations, ce qui se traduit également par un nombre de dépassements des seuils d’information (180 μg/m3) et d’alerte (240 μg/m3) beaucoup plus fréquent qu’actuellement.
Outre cet aspect sur la fréquence, la persistance des épisodes d’ozone est aussi accrue. En conséquence, les résultats des modélisations attestent que les fortes concentrations d’ozone relevées durant l’été 2003 pourraient devenir « normales » à la fin de ce siècle. »
2°) Augmentation de la teneur en particule fine en été
« Concernant les particules fines, les changements sont à considérer saison par saison car les processus incriminés varient en cours d’année.
Dans les mêmes conditions que précédemment, les prédictions numériques affichent une décroissance des moyennes journalières de PM10 en hiver de quelques microgrammes par mètre cube, certainement sous l’effet de températures futures plus douces défavorisant le développement des aérosols par exemple en augmentant l’évaporation du nitrate d’ammonium. La dynamique atmosphérique et notamment l’épaississement de la couche limite terrestre jouerait également un rôle en favorisant la dispersion des polluants évitant ainsi leur accumulation à proximité de la surface.
A contrario, l’été, les changements climatiques prévus engendreraient une augmentation des teneurs en PM10 de plusieurs μg/m3 pouvant aller jusqu’à 5-6 μg/m3 en France. La hausse de la température a en période estivale un impact opposé à son rôle hivernal en intervenant fortement sur la formation des aérosols organiques secondaires notamment ceux ayant l’isoprène comme précurseur. Elle affecte également la faculté d’érosion des sols, surtout associée à la baisse des évènements pluvieux, en augmentant le potentiel d’émission des poussières telluriques lié à l’assèchement des sols. »
D.DELESTRE
[1] Politiques combinées de gestion de la qualité de l’air et du changement climatique (partie 1) : enjeux, synergies et antagonismes. Rapport d’étude N°DRC-09-103681-02123A. INERIS . Juin 2009
http://www.ineris.fr/index.php?modu...
Rapport Stiglitz et indicateurs du changement climatique
Le volumineux rapport Stiglitz, qui vient d’être publié [1], fournit une intéressante analyse critique des indicateurs possibles du changement climatique d’origine anthropique.
En voici quelques extraits :
(pages 89 et 90 de la version française)
« Pour ce qui est du changement climatique, certains autres indicateurs peuvent être envisagés...
Une observation directe de la température moyenne constitue une possibilité, mais qui n’est pas la mieux adaptée, car elle a tendance à être en retard par rapport aux principales composantes du changement climatique et parce qu’il peut toujours exister des désaccords sur les causes de l’élévation de la température, et de là sur son caractère permanent ou transitoire...
Il est possible d’employer directement une notion de budget résiduel de CO2 : selon les climatologues, si l’on souhaite limiter à 25% la probabilité que la température moyenne du globe dépasse de 2° Celsius les niveaux préindustriels, ce plafond de 2°C étant largement admis par les experts du climat comme le « point de bascule » ouvrant la voie à des effets en retour irrépressibles (méthane libéré par la fonte du permafrost, CO2 et méthane issus de la dégradation des forêts tropicales, toutes sortes de gaz à effet de serre rejetés par les océans saturés en raison du réchauffement, etc.), il convient de ne pas dépasser le seuil de 750 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Sur ce budget total de 750 milliards, les émissions jusqu’en 2008 ont déjà consommé une part d’environ 500 milliards. D’où l’importance de surveiller ce budget résiduel de CO2. L’attrait de cet indicateur est d’être en forte cohérence avec l’approche de la soutenabilité fondée sur les stocks. Il peut également être reformulé dans les termes très expressifs de compte à rebours, à savoir le délai restant jusqu’à l’épuisement de ce stock, en prenant pour hypothèse que les émissions conserveront leur tendance actuelle. Ce type de représentation est souvent utilisé pour d’autres formes de ressources épuisables...
La régression de la glace pérenne présente l’avantage d’être un indicateur avancé et d’être directement liée aux effets manifestes.
Le pH océanique augmente avec la quantité de CO2 naturellement déversée dans les océans. Une conséquence de cette augmentation est la baisse de quantité du phytoplancton, qui est lui-même un puits de carbone aussi important que les forêts. On pourrait donc affirmer que le puits physique (eau de mer dissolvant le CO2 atmosphérique) détruit le puits biologique. C’est pourquoi le pH océanique semble être un bon indicateur du changement climatique en signalant l’un des effets en retour les plus pervers... »
.
D. DELESTRE
[1] Rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social. Septembre 2009.
http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr...
http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr...
Conjoncture énergétique française - Juillet 2009
Selon le dernier bulletin statistique [1] du Commissariat Général au Développement Durable, « les effets de la crise économique se font toujours fortement ressentir sur la consommation et la production d’énergie, avec des baisses importantes depuis le début de l’année et encore plus au mois de juillet 2009...
La consommation totale d’énergie primaire régresse fortement, de 4,8% en juin et de 8% en juillet, en données réelles et en données corrigées du climat, par comparaison avec les mêmes mois de 2008...
Les émissions de CO2 liées à la combustion d’énergie diminuent de 9,3 % en juillet et 6,6% depuis le 1er janvier 2009... »
Les données ,concernant les émissions de CO2 , et fournies dans le rapport du Commissariat Général au Développement Durable, sont exprimées en tonne de carbone.
Pour ramener ces valeurs, en tonnes de CO2, il convient de les multiplier par 3,66.
Ce qui donne :
En données corrigées du climat, les émissions de CO2 liées à la combustion d’énergie, ont été les suivantes :
juillet 2009 : 25,2 millions de tonnes de CO2, en baisse de 9,3% par rapport à juillet 2008
cumul du 1er janvier au 31 juillet 2009 : 215,2 millions de tonnes de CO2, en baisse de 6,6 % par rapport à 2008
cumul des 12 derniers mois : 372,6 millions de tonnes de CO2, en baisse de 5,4% par rapport à 2008.
D. DELESTRE
[1] Conjoncture énergétique Juillet 2009. Observatoire et statistique. N°61 septembre 2009.Commissariat général au développement durable.
http://www.developpement-durable.go...
Effets de la taxe carbone en Suède
De retour de Suède, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, affirme : « La taxe carbone cela fonctionne et, en plus, cela ne pèse pas sur la croissance économique, la Suède en est la preuve. » [1]
L’analyse de l’évolution des émissions de CO2 de ce pays, tend à tempérer cet optimisme.
1°) Montant de la taxe
« La taxe carbone a été introduite en Suède en 1991 à 27 euros par tonne de CO2, et a été augmentée régulièrement pour atteindre 108 euros aujourd’hui. Les entreprises paient une taxe bien inférieure aux particuliers. »
2°) Impacts de cette taxe
« Le principal effet de la réforme en Suède, a été de provoquer un mouvement de modernisation des réseaux de chaleur urbains. L’effet a été modeste sur la circulation automobile. »
Quelle a été l’évolution des émissions globales de CO2 de ce pays de 9 millions d’habitants [2] ?
En 1990, les émissions annuelles de CO2 étaient de 56 millions de tonnes, auxquelles il faut rajouter les émissions des soutes internationales aériennes (1,3 millions de tonnes) et maritimes (2,2 millions de tonnes), soit un total de 59,5 millions de tonnes de CO2.
En 2006, les émissions annuelles de CO2 étaient de 53 millions de tonnes, auxquelles il convient de rajouter les émissions des soutes internationales aériennes (2 millions de tonnes) et maritimes (7,1 millions de tonnes), soit un total de 62,1 millions de tonnes de CO2, en augmentation de 5% par rapport à 1990.
3°) Conclusion
La mise en œuvre de la taxe carbone en Suède, n’a pas modifié radicalement les émissions de CO2 du pays, et n’a pas vraiment rendu compatible la croissance économique avec les conditions de la sauvegarde du climat.
D. DELESTRE
[1] Un mécanisme qui a révolutionné le chauffage en Suède. Julie Chauveau . Les Echos.09/09/09.
http://www.lesechos.fr/info/inter/0...
[2] [2] Annual European Community greenhouse gas inventory 1990–2006 and inventory report 2008.
http://www.eea.europa.eu/publicatio...
Effets de la taxe carbone en Suède : compléments
Le rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement, disponible en ligne, fournit nombre de réponses aux questions posées, sur l’évolution des émissions de la Suède, par secteur.[1]
En particulier, on y constate que les émissions de CO2 des transports de la Suède, (en incluant les soutes internationales) sont passées de 21.7 millions de tonnes en 1990, à 29.1 millions de tonnes en 2006 (en augmentation de +34%).
Alors que les émissions de CO2de la Suède croissaient d’environ 5% entre 1990 et 2006, que s’est-il passé en France, durant la même période ?
En 1990, les émissions annuelles de CO2 de la France ont été de 393 millions de tonnes, auxquelles il faut rajouter les émissions des soutes internationales aériennes (8.5 millions de tonnes) et maritimes (7.9 millions de tonnes), soit un total de 409.4 millions de tonnes de CO2.
En 2006, les émissions annuelles de CO2 de la France ont été de 404 millions de tonnes, auxquelles il convient de rajouter les émissions des soutes internationales aériennes (16.4 millions de tonnes) et maritimes (9,1 millions de tonnes), soit un total de 429.5 millions de tonnes de CO2, en augmentation de 4,9 % par rapport à 1990.
Ce qui tend à montrer que l’évolution des émissions de CO2 entre la France et la Suède, sur la période 1990-2006, a été très semblable, alors qu’un pays (la Suède) avait mis en place une taxe carbone en 1991, et pas l’autre (la France).
Il ne s’agit pas ici de nier l’impact d’une taxe carbone, mais d’en relativiser les effets, dans un contexte de croissance économique, qui semble le premier facteur influent.
D. DELESTRE
[1] Annual European Community greenhouse gas inventory 1990–2006 and inventory report 2008.
http://www.eea.europa.eu/publicatio...
Climat et aviation
« Après avoir longtemps nié leur impact sur le climat, les compagnies aériennes acceptent de participer à l’effort mondial de réduction de gaz à effet de serre.
Mais sous conditions.
Le 8 juin dernier, l’Association internationale du transport aérien (Iata) s’est engagée à stabiliser les émissions de CO2 de l’aviation à partir de 2020.
Son Directeur a affirmé qu’il s’agissait d’une promesse ambitieuse. » [1]
Selon les dernières estimations des scientifiques, la contribution totale de l’aviation au forçage radiatif représente aujourd’hui environ 5% de l’impact global des activités humaines.[2]
La part relative des diverses émissions du transport aérien sur le climat, est la suivante :
impact des émissions de CO2 : 33%
impact des émissions d’oxydes d’azote (initiateur d’Ozone) : 14%
traînées de condensation (ou contrails) : 14%
impact des nébulosités en Cirrus : 39%
Les émissions de CO2 ne représentent qu’un tiers de l’impact total de l’aviation.
L’utilisation éventuelle du kérosène végétal, loin d’être le « Graal de l’aérien » [3], relève plutôt du « greenwashing », car elle ne réduit qu’une petite fraction des émissions de CO2, sans diminuer les facteurs prépondérants (NOx + H20).
Alors que l’impact climatique du CO2 émis dans l’atmosphère se poursuivra pendant des siècles, l’impact des oxydes d’azote, contrails et cirrus est immédiat, mais limité dans le temps.
Ainsi, l’interdiction de vol de trois jours, qui a suivi aux Etats-Unis les attentats du 11 septembre 2001, s’est traduite par une augmentation de l’amplitude diurne des températures, et a confirmé l’impact immédiat des contrails sur le climat régional.[4][5]
On ne peut exclure que des mesures d’interdiction partielle ou totale du trafic aérien soient prises, un jour ou l’autre, non plus pour contrer une menace terroriste, mais cette fois-ci climatique.
D. DELESTRE
[1] Climat : le secteur aérien affûte ses propositions. Anne Bauer. Les Echos. 15/06/09.
http://www.lesechos.fr/supplements/...
[2] Aviation and global climate change in the 21st century. Lee, D.S., et al., Atmospheric Environment (2009).
[3] Le kérosène végétal, nouveau Graal de l’aérien. Matthieu Quiret.Les Echos. 15/06/09
http://www.lesechos.fr/info/metiers...
[4] Jet contrails alter average daily temperature range. Science Daily. 08/08/2002.
http://www.sciencedaily.com/release...
[5] Transports aériens de passagers et effet de serre. IFEN. Novembre 2004. N°97.
http://www.ifen.fr/uploads/media/de...
Réévaluation de l’impact de l’aviation sur le climat
Des scientifiques viennent de réévaluer l’impact de l’aviation sur le climat.[1]
Voici quelques conclusions de leur étude.
1°) Impact actuel de l’aviation
Pour 2005, la contribution de l’aviation est estimée à 4,9% du forçage anthropique global du climat, en incluant l’impact des traînées persistantes (cirrus).
2°) Croissance passée
L’aviation a connu une croissance exceptionnelle entre 2000 et 2007 : le trafic passager y a augmenté de 38%, soit une augmentation moyenne annuelle de 5,3%.
Entre 2000 et 2005, l’impact du trafic aérien sur le forçage climatique a crû de 14%.
3°) Croissance future
Si la croissance du trafic aérien se poursuit à ce niveau jusqu’en 2050, sa contribution au forçage radiatif serait multipliée d’un facteur 3 ou 4.
Est-ce une perspective soutenable ?
Certains se prennent à espérer que les 75 prochaines années de l’aviation soient beaucoup moins belles [2] , tout en se disant que « même les avions ne peuvent monter plus haut que le ciel. »[3]
La Fédération Européenne pour le Transport et l’Environnement appelle, de son côté, à inclure l’aviation lors de la prochaine négociation mondiale sur le climat, à Copenhage. [4]
D. DELESTRE
[1] Aviation and global climate change in the 21st century. Lee, D.S., et al., Atmospheric Environment (2009).
[2] Air France embellit le ciel depuis 75 ans. Boeing. http://www.boeing.fr/website_16/pag...
[3] Le plafond des avions. Hervé Kempf. Le Monde. 11/04/09
http://www.lemonde.fr/opinions/arti... [4]Climate impact of aviation greater than IPCC report. 18/05/09. European Federation of Transport and Environment.
http://www.transportenvironment.org...
Vers l’épuisement de notre crédit Carbone ?
La revue Nature, vient de publier un important dossier sur le climat, destiné à préparer la prochaine conférence mondiale de Copenhague, qui se déroulera en décembre 2009. [1]
Deux équipes de scientifiques y ont tenté d’évaluer la quantité de gaz carbonique que l’humanité pourrait encore injecter dans l’atmosphère, sans mettre gravement en péril le climat de la Planète. [2][3]
Elles montrent que c’est le cumul des émissions anthropiques de CO2 depuis le début le début de l’ère industrielle (1800), et non la trajectoire de ces émissions, qui conditionne le respect du seuil dangereux de réchauffement global, estimé aujourd’hui à 2°C.
Elles ont calculé que ce budget total d’émissions, devrait être inférieur à 3670 milliards de tonnes de CO2, au grand maximum. [4]
Sachant que l’humanité a déjà utilisé la moitié de ce budget entre 1800 et 2008, le crédit restant à émettre, serait inférieur à 1800 milliards de tonnes de CO2 (soit 0,5 Gigatonnes de Carbone).
Les pays occidentaux étant responsables de ¾ du cumul des émissions à ce jour, leur crédit disponible serait inférieur à 450 milliards de tonnes de CO2, soit moins de 30 ans au rythme actuel de leurs émissions.
N’est-ce pas un défi impossible à relever, sans une révolution économique et idéologique, dont beaucoup font encore fi ? [5]
D.DELESTRE
[1] In the road to Copenhagen. The Climate Crunch. Nature. Vol 458-30 avril 2009.
http://www.nature.com/news/specials...
[2] Allen, M. R., Frame, D. J., Huntingford, C., Jones, C. D., Lowe, J. A., Meinshausen, M. & Meinshausen, N. Warming caused by cumulative carbon emissions towards the trillionth tonne. Nature, 30 avril 2009.
http://www.nature.com/nature/journa...
[3] M.Meinhausen, N. Meinshausen, Hare, W., Raper, S. C. B., Frieler, K., Knutti, R., Frame, D. J. & Allen, M. Greenhouse gas emission targets for limiting global warming to 2°C. Nature, 30 avril 2009
http://www.nature.com/nature/journa...
[4] 3670 milliards de tonnes de CO2 équivalent à 1000 milliards de tonnes de Carbone, soit 1 Gigatonnes de Carbone (1GTC)
[5] TOTAL : la demande de pétrole a encore de beaux jours devant elle. 29/04/09
http://www.lavf.com/news-bourse/Tot...
Corrélation entre croissance économique et émissions de gaz à effet de serre
1°) Croissance économique et augmentation des émissions de GES Des chercheurs australiens ont mis en évidence, en 2007, la corrélation étroite entre croissance économique et augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES). [1]
Les émissions mondiales de GES ont augmenté de 3% par an entre 2000 et 2005, contre 1% d’augmentation au cours des années 1990, du seul fait de la croissance économique mondiale durant cette période.
"Une des principales raisons de l’accélération de la croissance des émission est que, globalement, nous brûlons davantage de carbone par dollar de richesse créée". 8 milliards de tonnes de carbone étaient émises en 2005 au plan mondial dans l’atmosphère par le biais des rejets de CO2, contre 6 milliards de tonnes dix ans plus tôt.
2°) Récession et baisse des émissions de GES
La crise économique actuelle entraîne une baisse importante de la consommation d’énergie fossile et donc des émissions de GES associées, confirmant le lien étroit entre niveau d’activité économique et émissions de GES :
« La demande mondiale de pétrole a reculé de près de 4 % au premier trimestre 2009. Il faut remonter au début des années 1980 pour trouver un rythme de baisse aussi fort.
L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) ne croit plus à un rebond de la consommation avant 2010.
Les experts de l’AIE, qui tablaient jusqu’à présent sur un rebond de la consommation mondiale de produits pétroliers durant la seconde partie de l’année, ont désormais abandonné cet espoir...
Depuis janvier 2009, la consommation pétrolière de la planète recule à un rythme compris entre 3,5 % et 4 %
D’où vient la chute actuelle ? Des pays industrialisés, bien sûr, ceux qui sont les plus touchés par la crise économique et financière.
C’est en particulier le cas des Etats-Unis, où la demande a diminué de 5 % en février, et surtout du Japon, où, avec la violente récession, elle a plongé de 23 %, selon les premières données.
En Europe, le recul est globalement moins marqué, même si les automobilistes et les routiers roulent moins, et que les usines qui utilisent du fioul ou du naphta tournent au ralenti. » [2]
Alors que la corrélation entre niveaux d’activité économique et émissions de GES ne fait plus guère de doute, certains persistent à croire que la croissance économique mondiale est compatible avec les grands équilibres écologiques de la Planète et de son climat. [3]
« La vigueur des convictions idéologiques se mesure à leur capacité à résister aux coups de boutoir de la réalité. »[4]
D. DELESTRE
[1] CO2 emissions increasing faster than expected. CSIRO. 22/05/07
http://www.csiro.au/news/GlobalCarb...
[2] Pétrole : la demande mondiale en chute libre .D.C. Les Echos. 14/04/09.
http://www.lesechos.fr/info/energie...
[3] http://www.shcp.gob.mx/Documentos_r...
[4] Le capitalisme est l’avenir de l’homme. Eric Dupin. La guerre des idées. Manière de voir. N°104. avril –Mai 2009.
Corrélation entre croissance économique et émissions de gaz à effet de serre (compléments)
Selon une étude américaine récente [1] , la concentration en CO2 atmosphérique s’est accrue au rythme moyen de 2% par an depuis le début de l’ère industrielle (1800).
Ce rythme a doublé tous les 30 ans environ, à l’exception de la grande dépression économique de 1930 et du deuxième conflit mondial, où les émissions de gaz à effet de serre (GES) se sont beaucoup ralenties.
En 2008, la quantité de GES présents dans l’atmosphère s’est accrue de 16 milliards de tonnes de CO2 et 12 millions de tonnes de méthane.
La concentration en CO2 s’y est accrue de 2,1 ppm (partie par million), à un rythme légèrement inférieur à celui de 2007.
A noter enfin, que les émissions de GES de l’Union Soviétique ont chuté d’environ 30%, à la suite de son éclatement politique en 1991.
DD
[1] A new look at atmospheric carbon dioxide. David J. Hoffmann, James H. Butler, Pieter P. Tans. Atmospheric Environment 43 (2009) 2084-2086.
http://www.sciencedirect.com/scienc...
La forêt est-elle encore rentable ?
Le déferlement de l’ouragan Klaus sur la forêt landaise, il y a 2 mois, semble avoir libéré certaines inhibitions.
La forêt n’est plus un frein au développement durable de l’Aquitaine.
Après les projets d’infrastructures de transport (autoroute A65 Langon/Pau, lignes ferroviaires à grande vitesse[1]) et les parcs logistiques, implantés en plein milieu de la forêt, voici maintenant les fermes solaires.
Dernières annonces :
1°) Un projet fédérateur à Losse (Landes) [2]
« La ferme photovoltaïque du Gabardan, à Losse (300 habitants), dont la construction va bientôt démarrer, sera la plus grande centrale solaire d’Europe avec ses 317 hectares de surface.
EDF Energies Nouvelles, filiale à 50% du géant français spécialisé dans le solaire et l’éolien, vient de donner le coup d’envoi aux travaux préliminaires à la construction de cet équipement hors norme.
Sa capacité de production prévue - 75 Mégawatts, soit moins de 3% de la centrale nucléaire du blayais, équivaut aux besoins d’une population de 40 000 habitants.
Fédérateur, le projet de centrale solaire de Gabardan est devenu un outil d’aménagement du territoire.
La dépense devrait dépasser les 200 M€, voire frôler les 300 M€. »
Avec près de 1 million d’euros par hectare, l’investissement dans le solaire photovoltaïque, sera 1000 fois plus élevé que le montant des aides nécessaires à la réhabilitation de la forêt.
2°) Ferme solaire de Saint-Symphorien (Gironde)[3]
« La commune du Sud Gironde sera la première du département à accueillir en 2010 une centrale photovoltaïque au sol, de 73 hectares, menée par EDF Energies Nouvelles.
Installer un champ de panneaux photovoltaïques, au cœur du massif forestier, dans une commune de surcroît membre du Parc Naturel des Landes de Gascogne, deux mois seulement après le passage dévastateur de Klaus : l’annonce à de quoi susciter quelques interrogations.
La commune (1600 habitants) tirera de cette installation, un avantage financier conséquent : 250 000 euros/an de taxes professionnelle et foncière.
Cette centrale offrira une puissance installée de 24 MW, soit l’équivalent de la consommation de 24 000 foyers.
Pour les adeptes du développement durable, la forêt n’est plus rentable : il faut se tourner vers d’autres solutions...
Au fait, la forêt Amazonienne est-elle vraiment rentable ?
D.DELESTRE
[1] 2 projets de LGV, vont traverser la forêt landaise : la ligne Bordeaux/Espagne et la ligne Bordeaux/Toulouse (projets GPSO) http://www.pujols-sur-ciron.fr/Mair...
[2] Les Landes à la pointe de l’énergie solaire. B. Broustet Sud-Ouest. 27/03/09
http://www.sudouest.com/accueil/act...
[3] Un Champ de 73 hectares de panneaux photovoltaïques. A. Maquin-Roy. Sud-Ouest. 23/03/09
http://www.sudouest.com/gironde/act...
Réponses aux crises
24.03.09
L’aggravation des crises écologique et économique ravive le débat idéologique.
Les analyses convergent : il s’agit de 2 symptômes d’un même mal - la déconnection du réel -où le « Monde imaginait le crédit infini et les ressources éternelles. ».
Les réponses divergent.
Pour les adeptes du développement durable, comme Michel Barnier, « il nous faut trouver de nouvelles richesses qui nous permettent de ne pas renoncer à notre mode de vie. »[1]
Le ministre souhaite que chaque foyer puisse commercialiser son lot d’énergie solaire dès 2020, et utiliser des voitures fonctionnant à l’hydrogène.
Un monde durable est un monde où les territoires seraient connectés à grande vitesse, et quadrillés d’infrastructures « vertes ».
Les entreprises y prospéreraient en proposant « des consommations vertueuses ».[2]
L’éco-croissance constituerait ,selon Michel Barnier, la seule réponse aux crises actuelles, et le nouvel humanisme du 21ème siècle.
Pour Bertrand Méheust, « le développement durable n’est qu’un oxymore, qui a pour seule fonction, d’embrouiller les esprits.
Pour se cacher à elle-même cette horrible vérité, que son projet fondamental est insensé et intenable et qu’il mène l’humanité aux abîmes, notre société recourt massivement à ces figures de style...
Ceux qui pensent qu’une croissance infinie est possible dans ce monde fini et que le marché couplé à la techno-science sera, par essence, capable de résoudre les problèmes qu’il a engendrés, peuvent retourner au PMU, les paris sur l’avenir c’est distrayant... » [3]
Enfin, pour Hubert Lucot « Les économistes estiment que la vie n’est plus rentable. Il faut se tourner vers d’autres solutions. » [4]
Le débat reste ouvert ...
D.DELESTRE
[1] l’Eco-croissance doit être l’aventure et l’ambition de l’Europe de demain. Michel Barnier. Le Monde. 24/03/09.
http://www.lemonde.fr/opinions/arti...
[2] La responsabilité sociale est-elle soluble dans le marketing ? Armand Hatchuel. Le Monde. 24/03/09
http://www.lemonde.fr/opinions/arti...
[3] Bertrand Méheust, cité par Jean-Luc Porquet. Oxymore, où est ta victoire ? Le Canard Enchaîné. 18/03/09.
[4] Grands mots d’ordre et petites phrases pour gagner la présidentielle. Hubert Lucot. POL.
http://www.pol-editeur.fr/catalogue...
A65 Langon/Pau : l’autoroute verte ?
L’autoroute A65 Langon/Pau, indigeste couleuvre de bitume de 150 km dans la forêt dévastée de Gascogne, est en construction depuis quelques mois. [1]
Symbole, pour ses promoteurs, du concept de développement durable, et première « autoroute verte » de l’Après-Grenelle, le projet n’en finit pas de faire des vagues.
Quelques exemples :
1°) Réserves de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Pau
Dans une étude de 2008 [2], la CCI de Pau exprime des réserves sur l’opportunité du projet :
« La création d’une autoroute n’est plus un atout spécifique : la plupart des
territoires sont desservis, le transport routier n’est plus considéré comme un moyen de
communication d’avenir et les coûts des transports par voies autoroutières sont dissuasifs (carburant et péage).
On peut ainsi se demander si cette autoroute n’arrive pas « trop tard » pour provoquer un réel impact.
A contrario, la réalisation trop précoce d’une liaison rapide entre Pau et Bordeaux aurait certainement freiné le développement d’activités et de services spécifiques en Béarn, le manque d’une liaison Nord Sud efficace dans la région et son manque de cohésion ayant permis jusque là l’émergence de pôles relativement autonomes contrairement à d’autres région.
La création de l’autoroute A65 au niveau local va certainement favoriser l’étalement urbain... »
2°) Résistance de la commune de Viven
La petite commune de Viven (Pyrénées-Atlantiques), déjà coupée en deux par l’autoroute, refuse d’être submergée par les déblais du chantier. [3]
Malgré l’opposition du Maire, et en contradiction avec les engagements de l’Etat [4], le constructeur de l’autoroute vient d’être autorisé, par un arrêté préfectoral du 22/01/09, à y déposer 400 000 m3 de terre souillée à la chaux, détruisant 5 hectares de terres agricoles de cette commune sinistrée.
3°) Recours juridiques des associations
Lors de l’audience du 17 mars 2009, le tribunal administratif de Bordeaux, doit examiner les recours des associations, contre les délibérations du Conseil Régional d’Aquitaine et du Conseil Général de Gironde, relatives à la convention de financement de ce projet autoroutier.
Le tribunal imposera-t-il enfin la transparence, sur les risques financiers encourus par la Collectivité dans ce projet ?
Le concept « d’autoroute verte » est-il vraiment durable ?
D. DELESTRE
[1] http://www.sepanso.org/dossiers/a65...
[2] Impact socio-économique de la future A65 en Béarn. Chambre de commerce et d’industrie de Pau Béarn. août 2008.
http://www.aquieco.com/images/uploa...
[3] Commune de Viven -Arrête municipal du 7/10/08. Article 1 : « Les dépôts de terre d’une hauteur excédant un mètre sur une superficie excédant 5000 m2 sont interdits dans le bassin versant du ruisseau « Le Bernard ».
[4] A65 Langon Pau. Dossier des Engagements de l’Etat. 14/12/06.
http://www.a65.aquitaine.equipement...
Visite du chantier
« A l’initiative d’Alain Rousset, président du Conseil régional, Jean-Louis Carrère, le premier vice-président, et une dizaine de privilégiés ont pu juger hier (09/03/09) de l’avancement des travaux (de l’autoroute A65 ), grâce à un survol en hélicoptère des 150 kilomètres de chantier, de Langon à Pau. » [1]
Le reportage photographique de cette visite, disponible en ligne, permet de constater à quoi ressemble le chantier d’une « autoroute verte ».
http://www.sudouest.com/accueil/act...
dd
[1] A 65 : A’liénor met le turbo. Jean-Paul Vigneaud. Sud-Ouest. 10/03/09.
http://www.sudouest.com/accueil/act...
Etat de la recherche polaire 2007/2008
On trouvera ci-après, quelques extraits du bilan de la campagne de recherches scientifiques internationales menée dans l’Arctique et l’Antarctique, sous les auspices du Conseil international pour la science (CIUS) et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM)[1], et désignée sous le nom d’Année Polaire Internationale 2007/2008.
Résultats à décourager, même les climato-sceptiques les plus convaincus...
Baisse du volume des calottes glaciaires
« Il ne fait déjà plus de doute que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, perdent de leur masse, entraînant une hausse du niveau de la mer, et que ce processus s’accélère au Groenland. La perte de glace est due en partie à l’accroissement de l’écoulement glaciaire vers les côtes, et le potentiel d’accélération de l’écoulement de la glace des islandis demeure la principale inconnue des projections du rythme d’élévation du niveau de la mer établies par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Les données récentes confirment que l’Antarctique connaît un réchauffement bien plus généralisé qu’on ne le croyait avant le début de l’Année polaire internationale (API). »
Diminution de l’étendue de la banquise permanente de l’Arctique
« Durant l’API, l’étendue de la banquise permanente de l’Arctique, c’est-à-dire celle qui ne fond pas en été, a diminué d’environ un million de km2 pour atteindre un minimum record depuis le début des observations par satellite. En outre, pour la première fois depuis le début des observations, la région du Pôle Nord n’était recouverte, au milieu de l’hiver, que par une couche de glace de première année, relativement mince. Les expéditions organisées à l’occasion de l’API ont mis en évidence une vitesse de dérive des glaces sans précédent dans le bassin de l’Arctique, qui témoigne sans conteste des bouleversements que connaît le système glace-océan-atmosphère de cette région du globe. »
Réchauffement de l’océan austral
Les relevés « confirment que l’océan austral, et en particulier la bordure sud du courant circumpolaire antarctique, s’est réchauffé plus rapidement que l’océan mondial. En outre, les eaux profondes et denses qui se sont formées près de l’Antarctique ont perdu de leur salinité à certains endroits et se sont réchauffées ailleurs. Cette baisse de la salinité est liée à la fonte accélérée des barrières de glace et de calotte glaciaire de l’Antarctique. Ces changements révèlent que le réchauffement du climat a sur l’Antarctique des répercussions jusqu’alors insoupçonnées. »
Sensibilité des grandes tempêtes aux paramètres océaniques
« Dans l’Atlantique Nord, il s’est avéré qu’une très légère modification des paramètres océaniques et des flux de chaleur et de quantité de mouvement entre l’atmosphère et l’océan avait une incidence considérable sur la puissance et la trajectoire des grandes tempêtes. Observations et modélisations ont aussi révélé que ces systèmes dépressionnaires représentaient les principales sources de chaleur et d’humidité atmosphériques parvenant dans l’Arctique. Ces découvertes permettront d’améliorer la prévision de trajectoire et de l’intensité des tempêtes. »
D. DELESTRE
[1] Etat de la recherche polaire. Déclaration du comité mixte du Conseil international pour la science et l’Organisation météorologique mondiale pour l’année polaire internationale 2007/2008.Février 2009.
http://216.70.123.96/images/uploads/IPY_State_of_Polar_Research_FR_web.pdf
